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Primaires : un progrès pour la démocratie

27/11/2016

Primaires : un progrès pour la démocratie

Rien ne sert de courir, il faut partir à point - Auteur : Pierre DERUBY

Treize à table, vous n’y pensez pas. C’eut été une véritable provocation. Heureusement, le barrage des signatures allait faire son œuvre. Partiellement, car après l’élimination d’Henri Guaino, Nadine Morano, Geoffroy Didier, Jacques Myard et Frédéric Lefebvre peu soutenus dans leur propre camp, ils avaient quand même failli être encore huit sur la ligne de départ.

 

Mais patatras, juste avant le coup de starter du 21 septembre, l’RV-qu’on-ne-marrie-plus, déjà sévèrement recalé dans la course à la Présidence de l’ex-UMP, était renvoyé au vestiaire faute d’un nombre suffisant de parrainages validés. Hormis quelques membres de sa famille (biologique), je doute que beaucoup en aient été émus et, plus encore, que notre démocratie en ait grandement souffert. Bref, passons.

 

Du coup, la presse taquine s’était vue privée du titre qu’elle s’apprêtait à nous offrir : « Blanche-Neige (1) et les sept nains ». Appellation un peu injuste au demeurant, tant il est vrai que ceux qui égalaient en nombre (et peut-être pas que ?) les mercenaires n’ont pas tous eu besoin de talonnettes pour atteindre la hauteur de leur pupitre lors des débats télévisés.

 

Cherchant justement dans ce casting de savoureuses rimes en pitre, les mauvaises langues n’allaient pas tarder à se déchainer. En invitant à aller nager en d’autres eaux l’utopitre qui rêvait encore en solitaire d’un rétablissement du Service National sur dix mois. Personnage sympathique aux yeux du public, soit. Et pourtant plus dangereux et moins condamné qu’un de ses rivaux dont le grand péché du moment était de ne pas avoir franchi le seuil d’une boulangerie depuis que Joe Dassin nous y avait invités avec ses « petits pains au chocolat ». Jamais deux sans trois. La broyeuse d’ambitions allait encore renvoyer à ses chères études celui qui assimilait les emplois aidés à des emplois publics avant de reprocher à ses ex-hiérarchiques l’envoi de troupes françaises au sol en Lybie (!). L’homme du renouveau, auto-terrassé à coups de contre-vérités, n’a plus désormais qu’à espérer être le phénix de 2022.

 

Il ne restait donc, en théorie, dans la course aux suffrages qu’un quatuor sérieux parmi lequel Nathalie aurait aimé être le guide d’Alain, François et Nicolas. Mais nous étions chez les bleus, pas sur la place rouge. Avec un projet aussi mince que sa taille, notre candidate à la finale ne pouvait espérer faire mieux que la finaliste perdante de la parallèle outre-atlantique. Et puisque nul ne pouvait envisager un face à face victorieux N.K.M. sur M.L.P. en 2017, ses espoirs de franchir le premier stade de la compétition étaient d’ores et déjà ruinés.

 

Les médias, en France comme ailleurs, se veulent faiseurs d’opinions. Par leur sélectivité, ils entendent et croient imposer au public ce qu’il doit penser. En quoi ils s’égarent.

 

Pendant de longs mois, ils n’en ont eu que pour Alain et Nicolas, s’enivrant d’une frénésie sondagière (dixit AJ) qui confirmait leur vision sur des échantillons aussi minuscules qu’incertains dans leur cible.                    

 

Sur le terrain, sur les réseaux sociaux, dans les librairies, parfois même dans leurs propres colonnes (2), d’autres indicateurs leur apportaient contradiction, mais ils ne voulaient pas voir. Jusqu’à ce qu’un nouveau séisme, suivant celui du Brexit, les ramène à plus de prudence.

 

Et si les french sondages se plantaient eux aussi, de quelle opprobre nos visionnaires emplumés ne se couvriraient-ils pas ? Mieux valait donc réagir, anticiper l’inenvisageable pour se couvrir selon le bien français principe de précaution. Moyennant quoi, dans la dernière semaine avant le premier tour, n’ayant rien lâché des certitudes qui prévalaient, on fit mine de croire qu’il pourrait, peut-être, hypothèse peu crédible mais pas nulle, y avoir un jour à l’Elysée un troisième François. Qui ne serait pas de gauche celui-là.

 

Lors des deux premiers débats comme dans « l’émission politique » sur France 2, il avait impressionné et conquis par son attitude et l’envergure de son projet. Alors après tout, pourquoi ne pas saisir cette occasion en or d’entretenir le suspense dans l’avant dernière ligne droite ... et donc de vendre plus. Banco, se dirent à l’unisson nos guides autoproclamés. Et ce fut un déluge d’articles sur le perturbateur du scénario, à rendre jaloux ceux qui se voyaient brutalement dépossédés de leur exclusivité.

 

Au soir du 20 novembre qui nous semble déjà la pré-histoire, les votants du 1er tour de la primaire de la droite et du centre, augmentés de quelques français d’autres sensibilités qui s’y étaient invités en se parjurant, avaient remis les pendules à l’heure. J’incline à penser que beaucoup ont alors éprouvé une intense jubilation d’avoir infligé ce premier camouflet aux dictateurs de la pensée. Mais rien n’était encore joué. Et puisque la tendance était aux surprises, pourquoi n’y en aurait-il pas une autre le 27 novembre ? C’est ce dont l’intelligentsia rêvait, convaincue que la perspective d’une « identité heureuse » séduirait davantage que « le courage de la vérité ».

 

Plusieurs fois ramené à la raison au cours des débats précédents, David Pujadas, héro des médias bien-pensants, allait encore tenter quelques « prises » au cours de celui – décisif – du jeudi 24 novembre. Mais ceux qui pratiquent ou connaissent l’aïkido savent que la force d’un adversaire peut être retournée contre lui. Quand il interpelle le futur vainqueur en lui disant « on vous accuse de vouloir casser le modèle social français », il n’imagine pas qu’il lui fait un cadeau en or. La réponse à ce jargon inintelligible cingle avec clarté : « Quel modèle social français ? ». Ceux qui étaient devant leur écran n’ont probablement pas oublié la suite.

 

Les jeux sont faits. François Fillon a gagné, et gagnera peut-être encore en mai prochain. Est-ce un bien pour notre pays et pour nous ? Nous verrons.

 

En attendant, grâce à la gauche qui avait ouvert la voie aux primaires en 2012, la démocratie a fait un pas en avant dans notre pays. En suivant son exemple, la droite s’est assuré un grand succès. Pour la partie adverse, tout est maintenant à redémontrer. A elle de se montrer à la hauteur.

 

Quand on les écoute, les français expriment des choix clairs et cohérents et se réconcilient avec une politique qui, au fond d’eux, les passionne. Personnellement, je m’en réjouis.

 

  (1) 1/ NKM. C’est vrai qu’elle a le teint pâle

(2)   2/ Le Figaro demande à ses lecteurs après le 2ème débat : « Qui a été le plus convaincant ? ». Réponse sur 80 000 votants : François Fillon pour 37%. Le quotidien a persisté à ne voir que le duel qu’il souhaitait.

 

Pierre DERUBY

Libre Penseur

Le fléau ... Je suis fier d'appartenir au peuple français

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM