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Hauteur et Distance...

06/01/2017

Hauteur et Distance...

...pour un regard plus vrai sur nos vies - Auteur : Pierre DERUBY

« Les traditions se perdent », entend-t-on parfois. Des mots maladroits sortis, il est vrai, de bouches nostalgiques aux contours souvent ridés. Mieux vaudrait dire : « Des traditions se perdent », car certaines ont la vie dure. Exemple : Les jeunes générations, à qui leurs aînées ont légué un sombre environnement moral, ont au moins autant qu’elles le sens de la fête, et se gardent bien de ranger au rayon des ringardises les occasions de s’y adonner. En avez-vous vu beaucoup récemment, parmi les 18-35 ans, bouder Noël et le réveillon de la Saint-Sylvestre ? De même, croyez-vous qu’ils se priveront de galettes dans les jours à venir ? Non, et tant mieux, car ON nous abreuve chaque jour de mauvaises nouvelles, de perspectives funestes. Ca va mal, et ce sera pire encore demain ! Pire,  pas sûr que des revenants du XVIème (et je ne parle pas de l’arrondissement de Paris) verraient les choses comme ON veut nous les faire voir aujourd’hui. Toujours est-il que pour nos contemporains, des compensations s’imposent.

 

C’est dit : les traditions – ou beaucoup d’entre elles – vivent, et c’est heureux. La modernité pour la modernité est une ânerie. Ne la confondons pas avec le progrès.


Permettez-moi donc de prendre ma part des bons usages en vous présentant mes vœux pour 2017. Des vœux un peu sélectionnés. Disons – tant pis si ça parait prétentieux – plus riches de sens que les banalités dont nous sommes tous (sauf vous peut-être) autant émetteurs que récepteurs en début d’année. Les voici : sachons (je m’inclus) prendre (ou prendre davantage et plus souvent) de la hauteur et de la distance. Nous nous en porterons mieux.

 

S’il est un dénominateur commun entre la majorité des terriens que nous sommes, c’est la recherche du bonheur. Un mot certes un peu abstrait, voire pompeux, auquel je préfère la locution BIEN-ETRE, moins floue, tant elle exprime aisément sa signification en l’inversant : ETRE BIEN.  Voila une vérité qui s’énonce simplement, mais dont la mise en pratique est moins facile qu’il n’y paraît.

 

Les champions du monde de la consommation d’antidépresseurs que nous sommes sont placés pour le savoir. Pourquoi ? Pourquoi avons-nous tant de mal à ETRE BIEN plus souvent ? L’âge respectable, mais non canonique, auquel je suis parvenu m’a ouvert les yeux depuis quelques années déjà sur la réponse : parce que notre sensibilité émotionnelle nous conduit à accorder une importance exagérée à nos perceptions négatives.


Un désaccord avec un(e) collègue, une prise de bec avec un(e) de nos proches, une négociation qui échoue, ou simplement une mauvaise météo. Ce sont autant d’événements susceptibles de nous polluer l’esprit. De notre seul fait, car il ne tient qu’à nous de les considérer autrement. Pour ce qu’ils sont vraiment : des faits dérisoires. La gravité est ailleurs, qui nous touche de loin ou de près : dans les périls mondiaux, le déclin économique et culturel du pays, la menace du chômage, de la pauvreté, de la maladie ou de la mort pour nos proches ou pour nous ...


Le meilleur moyen d’échapper à ces fâcheuses tendances que nous avons tous plus ou moins en nous, c’est de prendre de la hauteur ou de la distance. Dans les deux cas, nous nous éloignons au premier ou au second degré de ce sur quoi nous nous focalisons à l’excès.


Au premier degré d’abord, qui nierait que l’élévation physique apporte du plaisir ? Alpiniste, escaladeur de murs, de parois ou de dunes, adepte de la Montgolfière, parachutiste, cycliste grimpeur de cols, ... tous connaissent une forme d’ivresse de l’altitude. Pour le dire plus trivialement, il y a mille et une façons de s’envoyer en l’air avec profit.

 

S’éloigner physiquement est aussi source de mieux-être. Les vacances et les voyages (même brefs) n’ont pas été inventés par hasard. En quittant le lieu de nos soucis, celui de notre quotidien, en partant à la recherche du dépaysement, nous voyons les mêmes faits autrement. Il suffit d’ailleurs parfois de s’extraire momentanément de la pression des autres, de nous accorder un temps de solitude et de réflexion, pour parvenir au même résultat.

 

Au second degré ensuite, prendre de la hauteur ou de la distance mentalement, c’est s’exercer à relativiser les faits, à les voir sous un autre angle. Inviter notre raison à prendre le pas sur nos réactions instinctives, souvent chargées de trop d’émotion. On peut aussi parler de détachement, lequel associé à l’humour nous permet de porter un regard amusé sur nos propres égarements.

 

A ceux qui ont déjà intégré de façon répétée ces pratiques dans leur comportement, je dis mon regret d’avoir enfoncé des portes ouvertes. Mais tant mieux pour eux. Ils n’ont pas de problèmes.

 

Aux pratiquants plus occasionnels, j’ose recommander de s’entraîner. C’est le meilleur moyen – abondamment prouvé en sport – de reculer ses limites.

 

Aux sceptiques pour qui les théories, c’est bien beau, mais dans la vraie vie ..., je les prie de m’excuser de ne pas avoir su être plus convaincant.

 

Mais si sur mille lecteurs (lectrices) de ce site (y en a-t-il autant ?), mon propos n’en a intéressé ou distrait qu’un(e) seul(e), je n’aurai pas perdu mon temps à l’écrire.

 

C’est aussi l’un de mes vœux personnels, en ce début d’année, qui s’ajoute à ceux que je viens de développer.

 

 

Pierre DERUBY

Libre Penseur

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Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM