Vous pouvez correspondre avec les auteurs des articles en complétant la rubrique "Commentaires" en bas de page

De la subtilité du passé simple

05/03/2017

De la subtilité du passé simple

Pas si simple, le passé simple ! - Auteur : Jean-Henry Maisonneuve

Elle est formidable notre langue française ! A lire les retours que vous avez eu la gentillesse de m’envoyer, il semble que le V-Billet du mois dernier sur les subtilités de notre belle langue vous ait bien plu ! Vous en voulez encore ?


En voici, en voilà, non plus en V-Billet, mais simplement par écrit, afin de contenter celles et ceux qui préféraient cette formule à la vidéo.


On continue alors, à propos du parler français ! Et ce mois-ci, examinons avec force sourire - et plus brièvement, je vous rassure- les atouts de notre beau passé simple ! Grâce aux coups de mains gentiment donnés par certaines et certains d’entre vous, voici quelques exemples de phrases ou de répliques, écrites correctement en français, et qui donnent au passé simple - utilisé à chaque fois à bon escient- une dimension bien étrange !

  •       « Non !  Elle  n’était   pas  facile, cette  conversation  au sujet des  langues   mortes.  Et  pourtant   je  « la   tins » !


  •       Hier,  nous   achetâmes   le DVD  d’un  spectacle   de Marcel   Marceau   et   tout   de   suite   nous   le   « mîmes »…


  •       Comment ? Vous   avez   mis   à   la casse   votre   vieille   Volkswagen ? C’est   bien   dommage !  Tiens !  Vous   souvient-il   qu’un   jour   vous me   la   « passâtes » ? (ndlr : discussion entre deux joueurs de golf)


  •       Deux   vieux   acteurs hollywoodiens   discutent : 

John : - Te   rappelles-tu   notre  premier   film ... ce   western dans   lequel   nous   jouions     les indiens ?
- Oui !  Et   je   sais  que   nous nous  y  « plûmes ».
(…répondit Hugues)

 

  •       Vous   saviez   que   ce   manteau était   tout   pelé...  Alors, pourquoi   le   « mîtes»-vous   pour la   réception   d’hier   soir ?

 

  •       C’est   dans   ce   tonneau   que notre   vieux   vin   « fut » stocké.

 

  •       On   nous   offrit   une augmentation ; bien entendu, nous   la   « prîmes ».

  

  •       Les   moines   brassèrent   la bière   et   la   « burent ».

 

  •       C’est   bien   parce   que   vous m’avez   invité   à   goûter   votre Beaujolais   que   je   « vins ».

 

  •       Pour   les   prochaines   vacances, ils   « émirent »   l’idée   d’aller   en Arabie   Saoudite.

 

  •       Heureusement   que   vous   avez retrouvé   des   capitaux !  Car mettre   la   clé   sous   la   porte et   déposer  le   bilan, vous   le « faillîtes » !

 

  •       Est-ce   dans   le   but   de   lui subtiliser quelques   pommes   de   terre   que,  jouant   de   votre   charme,   vous   l’ « appâtâtes » ?  …Et  que   par  votre beauté,   vous   l’ « épatâtes »…!


Et voilà le travail !


Merveilleux passé simple que beaucoup sous-utilisent et voudraient voir disparaître de l’écrit puisqu’à l’oral il est déjà depuis longtemps délaissé ! Et pourtant, il a son utilité ! C’est le temps privilégié du récit – « Mon petit Jean-Henry… »- : il est le seul à pouvoir construire une chronologie événementielle parfaite, le seul capable de détacher les événements sur un arrière-plan d’imparfait ; exemple : la pièce était close ;  je rangeai mes papiers et pris le téléphone pour appeler.


Plus rarement, il prend une dimension exceptionnelle : soit sous la forme du passé simple itératif (l’action se répète) : « Trois fois de suite, il se rendit dans la forêt » ; soit sous la forme du passé simple gnomique (en forme de sentence ou de proverbe) : « Reprenez vos esprits et souvenez-vous bien qu’un dîner réchauffé ne valut jamais rien » ! (Boileau)


Anecdote : si aujourd’hui le passé simple se perd bel et bien à l’oral, notons qu’au XVIIe siècle, il existait la règle des vingt-quatre heures : un fait s’étant déroulé au-delà des vingt-quatre heures devait se narrer au passé simple.


Pas si simple, le passé simple !  


« Encore eût-il fallu que je vous susse intéressés par ce billet, que je reçusse vos retours par mail et que je visse votre émerveillement de notre belle langue française à travers eux ! »


Mais le subjonctif imparfait… ce sera plus tard !


A bientôt !  

Unforgettable Al Jarreau Les Français prennent un malin plaisir à offrir de mauvaises rimes au mot Présidence :

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM