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Stan et Oliver

04/04/2015

Stan et Oliver

Deux artistes précurseurs : Laurel et Hardy - Auteur : P. Deruby

Les dirigeants de la chaine TV Gulli ont eu la bonne idée de diffuser ces dernières semaines une sélection de comédies de Laurel et Hardy. La programmation retenue, en soirée de dimanche, donne à penser que ce ne sont pas les enfants, attendus à l’école le lendemain, mais leurs parents qui étaient ciblés. Louable tentative. En apparence faiblement récompensée, puisque environ 330 000 téléspectateurs seulement (1.2% de l’audience totale) ont regardé  les Frères Catastrophe. Mais nous sommes dans la fourchette habituelle des performances de la chaine à l’heure du diner. Donc, gardons-nous  des conclusions hâtives.

 

Arte aussi nous fait de temps en temps cadeau de « cycles L & H » présentant des films retravaillés en haute définition et resonorisés. Une grande qualité à laquelle la chaine franco-allemande nous a habitués. Les producteurs de DVD ne sont pas en reste non plus. Les coffrets spéciaux L & H, les intégrales (en réalité partielles) L & H, et les produits plus classiques avec un ou plusieurs films sont nombreux sur le marché. Signe que 70 ans après ses derniers tournages, le tandem comique a toujours son public.  « Parce qu’il le vaut bien », comme on dit chez l’Oréal.

 

Stan Laurel, l’anglais né en 1890, s’appelle en réalité Arthur Stanley Jefferson. Il émigre aux States à 20 ans où il rencontre l’américain Oliver Norvell Hardy, son cadet de deux ans qui, lui, garde son nom de ville à l’écran. Hélas, le doublage français du duo force sur l’accent British, ignorant cette différence d’origine. Un argument parmi d’autres pour préférer les versions originales sous-titrées.

 

Avec 106 films, dont une majorité de courts métrages (moins de 30’) à leur actif, les deux compères détiennent ensemble le record de la catégorie burlesque. Débutant leur carrière à l’ère du muet (34 réalisations de 1926 à 1929), leur jeu se démarque par sa sobriété (1) face aux excès de pantomime observés chez d’autres. Une modération qu’ils savent préserver lors du passage au parlant. A l’opposé de la volubilité de certains de leurs pairs, comme les Marx Brothers pour ne citer qu’eux.  Du sans son, ils conservent intelligemment quelques-uns des gestes qui constituaient leur marque de fabrique : comme se gratter les cheveux et pleurer de panique pour Laurel, agiter sa cravate et fixer la caméra d’un air excédé pour Hardy. C’est probablement une des principales clés de leur succès à la fois universel et intemporel.

 

Des clés, ils en ont des tas d’autres sur leur trousseau. D’abord, une complémentarité, une créativité, et une complicité  exceptionnelles que tous les témoins de l’époque confirment. Jamais la moindre prise de bec, le moindre nuage entre eux.

 

Ils s’estiment et se respectent infiniment. Stan, infatigable travailleur, écrit la plupart des sketches et contrôle tout, en grand perfectionniste qu’il est. Mais il n’oublie jamais de solliciter les avis et suggestions d’Ollie dont il tient compte. Ce qui convient fort bien à Hardy qui, hors tournage, préfère jouer au golf et parier sur les champs de courses. Face à la caméra, les rôles sont inversés : Laurel est l’enfant gaffeur, Hardy, l’adulte victime de l’étourderie de son partenaire. La complémentarité est bien sur aussi dans l’opposition physique. Pas besoin d’insister là-dessus. Chacun mesure à quel point c’est un facteur important.

 

Autre clé, en or celle là : la collaboration avec Hal Roach, leur premier producteur, à qui nous devons leur rapprochement et l’essentiel de leurs créations. Malheureusement, après l’année 1940, Laurel se brouille avec Roach. Le changement d’écurie qui en résulte détruit la belle alchimie qui régnait jusque là. Comme pour compenser ce fléchissement, nos deux ambassadeurs de l’humour décident alors de se produire sur scène. Dans ce registre là aussi, ils connaitront un grand succès, notamment lors d’une tournée européenne en 1947.

 

Ils ont inspiré des générations d’artistes dans le monde entier comme Jerry Lewis, Peter Sellers, ou plus, près de nous, le mime Marceau – qui a partagé des instants avec Laurel – ou encore Pierre Richard. Ils ont aussi permis à d’autres acteurs de se faire un nom à leurs côtés. Comme James Finlayson, que tous les américains connaissent. Et nous français ? Son patronyme ne nous rappelle rien ? Probablement. Mais quand je vous aurai dit qu’il s’agit de ce personnage chauve, avec une grosse moustache, et les yeux tantôt plissés, tantôt écarquillés de colère, avec qui ils sont souvent en conflit, vous l’aurez reconnu. Ils ont tourné ensemble plus de 30 films.

 

Ceux qui les ont côtoyés sont unanimes pour louer leur grande générosité et la force de leur amitié. Leur générosité, ils l’ont montrée en participant à une tournée bénévole pendant la 2ème guerre mondiale. Le but était double : collecter des fonds pour la financer, tout en distrayant les soldats américains. Ils l’ont montrée aussi tout au long de leur carrière en s’attachant à faire rire le monde entier. Cerise sur le gâteau, quand eux-mêmes s’offraient une séance de fou rire devant nous, ils étaient irrésistibles.

 

Tant de talent et de don de soi méritaient récompense. Ils n’en ont pas eu beaucoup. Un seul oscar en 1932. Celui du meilleur court-métrage de comédie pour « Livreurs sachant livrer » (visible sur You Tube). C’est peu pour une telle carrière. Quand même, dans un sursaut de mémoire, Stan Laurel (privé de Hardy depuis 4 ans), obtient en 1961 un oscar d’honneur pour l’ensemble de son œuvre, quatre ans avant sa propre disparition. Et par bonheur, leurs étoiles restent proches et continuent de briller dans une célèbre avenue de Los Angeles, à quelques encablures du parc qui abritent leurs sépultures, sur lesquelles de belles épitaphes rappellent qui ils ont été.

 

J’ai le grand honneur d’être né un 16 juin ... comme Stan Laurel. Pas de quoi pavoiser, si c’était là mon seul point commun avec cet homme exceptionnel. Sauf que, dans les plus beaux de mes rêves, au sommet de ma fatuité, je m’enHardy à espérer le contraire.


                                                                      Pierre DERUBY                                                                                                 Libre penseur                                                                                                      2 avril 2015

La valeur des sondages Le whisky : un peu...

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM