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Espérance de vie

04/08/2015

Espérance de vie

Vers une égalité des sexes...un peu tardive - Auteur : P. Deruby

Il y a quelques jours, un grand journal national titrait un de ses articles : « Pourquoi les femmes vivent-elles plus longtemps que les hommes ? ». Bonne question !

 

Se référait-il à la France ? Oui, pour une bonne part. Mais pas seulement. A juste titre, car sur les 55 derniers doyens de l’humanité toute entière, 51 ont été ... des doyennes. Dont la dernière en date, la japonaise Misao Okawa qui vient de nous quitter à l’âge respectable de 117 ans. Le croirez-vous ? Elle qui, sur terre, avait eu tant d’ami(e)s, fut accueillie dans l’au-delà par une interminable haie d’honneur céleste. Ici bas, derrière son cercueil en bois de cèdre, ils étaient - parait-il - moins nombreux.

 

Dans notre petit hexagone, le concept statistique officiel pour mesurer la durée de vie probable d’un individu appartenant à une classe d’âge donnée s’appelle « espérance de vie ». Pour les tempéraments à dominante positive, ce serait presque un pléonasme tant la vie est elle-même une espérance. Mais est-ce bien d’espérance qu’il s’agit, ou plutôt d’espoir ? Car les deux notions s’entremêlent dans bien des esprits. D’autant que si on mesure « l’espérance de vie », c’est parce que « l’espoir fait vivre » et que « tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ».

 

Bref, tout est dans tout, et réciproquement. C’est « l’espérance folle » comme nous le chantait Guy Béart.

 

En France, cette fameuse espérance de vie – à la naissance – est aujourd’hui, tous sexes confondus, de 82,6 ans (contre 66 ans en 1950, et 25 ans deux siècles auparavant). En déclinant, l’écart saute aux yeux : 85,5 ans pour les femmes, 79,3 ans pour les hommes.

 

Quelles sont donc les causes de cette injustice ? Réponse de France Meslé, directrice de recherche à l’INED (Institut National d’Etudes Démographiques) : « Les filles sont plus résistantes que les garçons dans la petite enfance et, pour des raisons hormonales, les femmes sont mieux protégées contre certaines maladies circulatoires dangereuses, comme l'hypertension ou l'embolie, et ce jusqu'à la ménopause ».  Propos pour elle jubilatoire, qu’elle s’empresse de compléter en ajoutant : « Les mêmes hormones protègent aussi les femmes des maladies cardiovasculaires, responsables d'une grande majorité des décès masculins. Elles ont un organisme fait pour durer plus longtemps ». Enfin, coup de grâce aux précoces de la nécrologie : « Elles suivent mieux les campagnes de prévention, surveillent mieux leur cholestérol ou leur tension, réagissent mieux aux traitements médicaux et surveillent mieux leur alimentation ». Sic, les gonzes !

 

Oui, mais trêve d’angélisme, les filles ! La situation évolue, France, si vous me permettez de vous appeler ainsi. Car la route après ménopause, donc après surprotection, s’allonge avec celle de l’espérance de vie, et vous expose donc davantage Mesdames. Sans compter qu’une autre étude récente montre que la sagesse change de camp. De plus en plus d’hommes deviennent raisonnables tandis que leurs compagnes sont, elles, de plus en plus nombreuses à tirer sur le mégot et à absorber sans modération des breuvages alcoolisés.

 

Conséquence : l’écart est en train de se réduire. France le reconnait : « Aujourd'hui, les hommes voient leur longévité s'accroître ; laquelle finira par se rapprocher de celle des femmes. Mais, à mon avis, elle ne l'égalera jamais ».

 

OK, vous resterez donc les championnes de la dimension quantitative de la vie. Mais qu’en est-il de sa dimension qualitative ? Les années gagnées sont-elles de bonnes années ? C’est encore l’INED qui nous renseigne en nous donnant 3 indicateurs d’espérance de vie à 65 ans : sans limitation d’activité, sans maladie chronique, et en bonne santé perçue. Les résultats sont respectivement les suivants pour les hommes et pour les femmes (en années et en France) : 8.9 - 9.8 / 6.3 - 7.8 / 6.9 - 7.6. Autrement dit, sur les 6.2 années de bonus qu’engrangent ces dames, elles n’en comptent que 0.9 de plus que ces messieurs sans limitation d’activité, 1.5 sans maladie chronique, et ne se perçoivent en bonne santé que pour 0.7 année de plus. Nous aurions aimé que ce soit pour elles du Plus et Mieux (+X comme une grande banque en a fait sa marque). Malheureusement, il faut se résoudre au constat inverse : c’est du plus mais moins bien.

 

Comme disent les experts, il est intéressant de noter, par ailleurs, que les années de bonne santé sont plus nombreuses pour les femmes vivant durablement en couple. Ca y est, CQFD, les gars ! C’est quand elles nous perdent que nos compagnes se fragilisent.

 

Partant de là, chacun peut méditer sur l’intérêt d’une vie longue au final douloureux ou inconscient. Les progrès constants de la médecine nous conduisent vers une explosion du nombre de centenaires dans quelques années. Est-ce bien souhaitable individuellement, au vu de ce qui précède ? Et collectivement, alors qu’avec 7 291 676 227 personnes, mercredi 8 avril 2015 à 6 h 58 min et 15 s, la population mondiale épuise déjà largement les ressources de la planète et bouleverse son climat ? 

 

Beaucoup auront compris que si j’ai pris un malin ( ?) plaisir, dans cette chronique, à jouer de l’éculée rivalité femmes-hommes, je ne suis pas pour autant un militant du MLH. Comme vous, génial lecteur et géniale lecteuse, je pense que dans notre société si encline à la sinistrose, il est bon - moyennant une certaine éthique - de savoir rire de tout. De la vie comme de la mort. Y compris la nôtre.

 

                            Pierre DERUBY                                                         Libre penseur                                                           08/04/2015

Voici le joli mois de mai Calamiteuse presse régionale

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM