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Herbert PAGANI

02/10/2015

Herbert PAGANI

Il aurait 71 ans aujourd'hui - Auteur : P. Deruby

Franc-comtois d’adoption, j’ai de fréquents échanges avec un ami gersois, d’adoption lui aussi. Tout récemment, il me disait le plaisir qu’il avait eu de se mouvoir jusqu’à Toulouse pour assister à un concert d’Angélo Branduardi. Vous savez, ce violoniste italien à la crinière de lion qui nous chantait « la demoiselle » à la fin des années 1970.

 

C'est la demoiselle
Marchant sur le ruisseau
Qui t'a rendu bien malade.
Elle t'a pris ton ombre, ton rire, ta joie,

Et ne reviendra pas.

 

Par association d’idées, il m’a fait penser à un autre artiste de la même génération pour lequel j’ai toujours conservé une espèce d’admiration mêlée d’amitié virtuelle. Pour son talent. Ses talents devrais-je dire, car l’homme était auteur-compositeur-interprète de chansons, peintre, sculpteur, et même animateur de radio et de télévision à ses heures. Mais aussi, et surtout, pour ses qualités humaines. Ceux qui l’ont connu se souviennent sans doute combien la bonté était lisible sur son visage, autant que son attention aux autres apparaissait dans les textes qu’il écrivait. Ce grand artiste, né à Tripoli, peu connu des jeunes générations, s’appelait Herbert Pagani.

 

Ses racines ne sont pas que lybiennes. Elles sont aussi italiennes, comme son nom le laisse deviner. Il est heureux de cette diversité méditerranéenne. « C’est dans l’huile d’olive que je cuis mes chansons », nous dit-il. Ce qui n’empêche pas son cœur de battre également pour la France qu’il aime. Il le démontre en se faisant l’interprète, au double sens du terme, des chansons de Barbara, Brel, Ferré, Mouloudji, Piaf, et de bien d’autres artistes français, auprès du public transalpin. En retour, il chante l’Italie sur les scènes françaises qui l’accueillent chaleureusement. 

Les thèmes de l’amitié, de l’amour comme du désamour, de l’espoir, reviennent souvent dans ses chansons. La plus connue chez nous est probablement « Chez nous », dont je rappelle ci-dessous les beaux mots du refrain.

 

Chez nous, ça sent la soupe et le bébé dormant
Les disques craquent car on les joue souvent
Nos chiens sont fous mais pas du tout méchants

Chez nous, la porte reste ouverte jour et nuit
Il y a toujours un plat de spaghettis
Et du café tout chaud pour les amis.

 

En parallèle de cette facette faisant l’apologie du bien, Herbert n’oublie pas non plus de dénoncer ce qui le révolte : la violence, le racisme, l’injustice, la folie des hommes au travers des guerres, du gigantisme, de la bestialité. C’est un idéaliste, un réaliste aussi, qui rêve d’un monde meilleur tout en pensant que c’est impossible. Un drapeau derrière lequel quelques-uns de ceux qui lisent cette chronique se reconnaîtront.

 

En réalité plus juif que lybien, il se fait défenseur des peuples sans terre, des exilés. « A ceux qui me disent : “Et les Palestiniens ?”, je réponds : “Je suis un Palestinien d’il y a 2000 ans. Je suis l’opprimé le plus vieux du monde.”… Descartes avait tort : je pense donc je suis, ça ne veut rien dire. Nous, ça fait 5000 ans qu’on pense, et nous n’existons toujours pas ». Sur sa judaïté, il écrit une véritable pépite : « l’étoile d’or ». Et sur un tempo de même origine, il nous entraîne, généreux, dans la farandole de « la bonne franquette », nouvel hymne à l’amitié. Cette valeur qu’il porte très haut en lui, il en fait même le titre d’une de ses chansons. Une de ses plus belles à mes yeux. Extrait : 

 

C’est la banque de toutes les tendresses,
C’est une arme pour tous les combats,
Ca réchauffe, et ça donne du courage,
Et ça n’a qu’un slogan : « On partage. »

Au clair de l’amitié,
Le ciel est plus beau.

Viens boire à l’amitié,
Mon ami Pierrot.

 

Herbert aurait eu aujourd’hui 71 ans. Hélas, la grande faucheuse qui frappe sans discernement, en a décidé autrement. Le 16 août 1988, une leucémie foudroyante l’a emporté, privant sa famille, ses amis, son public, de tout ce qu’il avait encore à leur donner. Il repose depuis ce triste jour à Tel-Aviv, auprès des siens. C’est bien loin pour qu’un français anonyme aille s’y recueillir. Qu’importe, la seule vraie distance est celle de l’oubli. Même disparus, ceux que nous aimons continuent de vivre dans nos mémoires et dans nos cœurs.

 

Pierre DERUBY

Libre penseur

25/04/2015

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Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM