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Le statut de la Liberté....

08/05/2015

Le statut de la Liberté....

...de penser ; un monument ! - Auteur : P.Deruby

Depuis plusieurs semaines, j’alimente comme je le peux cette rubrique de billets signés d’un pseudonyme accompagné de la mention « libre penseur ».

 

Pour chasser d’éventuelles équivoques, il me semble judicieux de dire à présent ce que je mets derrière ces deux mots d’une apparente simplicité, et pourtant un tantinet abscons.

 

Je tiens d’abord à remercier l’ambivalent personnage qui m’a ouvert la porte de cette tribune libre. Vraiment libre. Selon l’une ou l’autre de ses métamorphoses, cet ami qui est peut-être aussi le vôtre (je vous le souhaite), est soit le Docteur Kuncze, soit Mister Maisonneuve. Je lui sais gré, je te sais gré, toi Stanislas, et toi aussi Jean-Henry, de pouvoir - sur ta proposition - mettre un peu d’ordre dans le vrac de mes pensées et me livrer à un de mes exercices favoris : le partage, la transmission.

 

Je le fais sans prosélytisme, sans militantisme, mais probablement avec un peu de maladresse. Pas sans doutes en tous cas, car entre ce que l’un émet et ce que l’autre perçoit, il y a souvent plus que l’épaisseur d’un cheveu.

 

Du libre penseur, le Larousse donne la définition laconique suivante : « Personne qui s’est affranchie de toute sujétion religieuse, de toute croyance en quelque dogme que ce soit ». Je dis : OK, mais pas seulement. Crisco, le dictionnaire des synonymes de l’Université de Caen, nous donne 10 équivalents : athée, impie, incrédule, incroyant, irréligieux, libertin, non-croyant, païen, philosophe, voltairien. Dans cette liste, c’est encore le terme libertin qui correspond le mieux à ce que j’ai en tête. A condition de le prendre dans son sens second : « Qui refuse les contraintes, les sujétions ; qui manifeste un grand esprit d'indépendance ; qui fait preuve de non conformisme ». 

 

Effectivement, le libre-penseur manifeste un grand esprit d’indépendance. Par conséquent, il ne se reconnait dans aucune école de pensée. Qu’elle soit religieuse, politique, ou autre. Il souhaite garder en toutes circonstances son libre arbitre, refuse les fausses « vérités indiscutables », tout en admettant qu’il en existe des vraies. Et n’accepte pas de se soumettre à une hiérarchie « étouffeuse de réflexion ». Pour autant, conscient des nécessités et plaisirs de la vie sociale, il n’est ni dans l’anarchie, ni dans le rejet de l’autre et de ses idées. Mais il écarte l’adhésion systématique aux avis et règles d’un quelconque mentor, guide ou gourou. Est-ce assez clair ?

 

Peut-être, mais pas suffisant. De ce qui vient d’être dit découle toute une série de rejets d’appartenance : religion, secte, politique, grand média, franc-maçonnerie, etc. Mais, entendons-nous bien, sans condamnation globale de leur action. On peut ne pas adhérer sans être forcément toujours dans la désapprobation. S’arc-bouter sur des principes rigides nuit à la souplesse, et de celle-ci, il en faut.

 

En fait, le libre-penseur refuse essentiellement le mode binaire qui consiste à porter des jugements définitifs sur les personnes, sur les communautés de personnes, et sur leurs actions. D’un côté le Bien, de l’autre le Mal. Nous sommes tous, sans exception, tantôt dans l’un, tantôt dans l’autre. Ce qui conduit notre libre penseur vers la tolérance. Il est pour la paix, pour la non-violence, pour l’attention aux autres, pour le respect mutuel, et surtout pour l’émancipation.

 

Un homme idéal, en somme ? S’il est pareil à celui que vient d’interpréter avec talent Pierre Niney dans le film de Yann Gozlan, on en mesure les limites. Et chacun mesure ce qui sépare ce qu’il voudrait être de ce qu’il est en réalité.

 

Non, cet homme-là se veut simplement autonome, indépendant, libre de ses pensées et tout autant  ouvert à celles des autres. Il est prêt à en changer, dès lors qu’on le convainc par le raisonnement, au lieu de vouloir le soumettre par l’autorité.

 

L’INDEPENDANCE, nombreux sont ceux qui lui trouvent des vertus quand elle s’applique à un peuple, à une nation. Ramenée à un niveau plus modeste, province ou individu, les rangs s’éclaircissent. L’individu affirmé se voit vite taxé d’individualisme, souvent confondu avec l’égoïsme. Et voila, une étiquette toute faite pour ce pauvre front. Dans ce pays aux mille tabous, les promoteurs du binaire ont encore frappé. La diabolisation est en marche.

 

Pourtant, la plupart de nos compatriotes aiment Georges Brassens qui chante : « Le pluriel ne vaut rien à l’homme. Dès qu’on est plus de quatre, on est une bande de cons ». Pierre Desproges, un de ses fervents admirateurs, en rajoute dans un de ses spectacles, en disant : « Quand on est plus de quatre, on est une bande de cons, alors, a fortiori, moins de deux c’est l’idéal ». Jean Ferrat n’est pas en reste lorsqu’il entonne : « En groupe, en ligue, en procession, on a l’intelligence bête ». Ce sont certes gens du passé, mais leurs propos sont-ils pour autant dépassés ?

 

Continuons. Et là, certains ne vont pas manquer de sourire. Le besoin de se sentir en communion et de s’enfermer dans une structure forcément hiérarchisée atteint les libres penseurs eux-mêmes. Je ne plaisante pas. Il existe bel et bien dans notre pays une Association des Libres Penseurs de France, et une Fédération Nationale de la Libre Pensée. Pourquoi pas ? Mais les voyant militantes, je me demande où est leur cohérence. Et quand je me remémore la polémique que la seconde a lancé, fin 2014, sur les crèches de Noël dans les établissements publics, je me demande où est sa tolérance.

 

Finalement, le libre penseur isolé serait-il asocial, replié sur lui-même, convaincu de sa supériorité ? A vous de juger.

Avec tout mon respect envers ceux qui auront lu ces lignes, qu’ils les aient ou non appréciées. Et, ne faisons pas dans le détail, envers tous ceux qui ne les auront pas lues aussi.


Pierre DERUBY

Libre Penseur

06/05/2015

Sammy Davis Junior Altercations

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM