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Frank SINATRA

10/05/2015

Frank SINATRA

Stranger in the sky... - Auteur : P. Deruby

Face aux accros du télé-crochet de TF1 qui s’imaginent que le titre de leur émission préférée est sortie de l’imagination de John de Mol, son créateur hollandais, il faut mettre les choses au point : The Voice, c’est le surnom donné à Frank Sinatra, dès l’année 1946, lorsqu’il sort son premier album chez Columbia. Est-ce à dire qu’il est la référence, le parrain spirituel, de ce concept de programme musical créé en 2011, repris depuis dans de nombreux pays, et qui cartonne partout en audience ? Sans doute. A moins que le milliardaire batave n’ait plutôt pensé à Whitney Houston qui a eu droit au même sobriquet, mais un peu plus tard.

 

La voix, la belle voix de Frank s’est éteinte avec lui le 14 mai 1998, au terme d’une carrière très riche. Pas seulement en chansons. A l’approche du 17ème anniversaire de sa disparition, l’admirateur fidèle que je suis se plait à lui rendre hommage.

 

Lorsqu’il entonne sa première note, peu après être sorti du ventre de sa mère, nul ne peut imaginer que Francis Albert Sinatra sera ce qu’il deviendra. La naissance est douloureuse. L’accoucheur de service n’a pas trop de ses biceps pour extraire au forceps ce bébé de 6.5 kilos cruellement meurtri par les cuillères : tympan perforé, oreille acérée, profondes blessures sur le côté gauche du visage et sur le cou. Et pourtant ce gros poupon handicapé de l’ouïe se transformera en un exceptionnel émetteur de sons rendant dans ses plus belles années 60 kilos pour 1.72 m.

Dès l’adolescence, ce fils d’immigrés italiens né aux Etats-Unis n’en a que pour la musique. Au collège, il chante avec le groupe maison. Dolly sa mère, d’abord réticente, encourage sa vocation en lui achetant une sono portative. Ce qui lui permet d’intégrer diverses formations locales heureuses de profiter de son matériel. A 20 ans, il rejoint un trio vocal qui devient, à son renfort, The Hoboken Four. Après une tournée récompensant un radio-crochet remporté haut la glotte, Frank quitte ces mauvais compagnons qui n’arrêtent pas de le rosser, jaloux de ses conquêtes féminines. Sa chance arrive lorsque Harry James, ex-trompettiste de Benny Goodman le recrute pour accompagner son big band, après l’avoir entendu à la radio. Peu après, c’est Tommy Dorsey, un des chefs d’orchestre de jazz les plus populaires du moment qui embauche le chanteur en rachetant son contrat à James.

 

La suite est plus connue. Frank détrône Bing Crosby - dont il était un fervent admirateur - de sa place de chanteur n°1 aux Etats-Unis et s’installe at the top pour longtemps. Avec près de 1 000 titres enregistrés et plus de 150 millions de disques vendus, il figure parmi les chanteurs les plus populaires de tous les temps, aux côtés des Beatles, d’Elvis Presley et Michael Jackson.

 

Sa voix à la fois chaude et puissante, sa façon d’interpréter les chansons, son physique, sa décontraction, son élégance, tout en lui séduit le public, en particulier celui qui porte encore – à cette époque – jupe ou robe. Du coup, il devient pour l’autre, exclusif du pantalon, un modèle auquel il cherche à ressembler.

 

S’il n’est peut-être pas, historiquement, le premier spécimen de la race des crooners, il est celui qui popularise le genre. Le père de plusieurs générations de chanteurs (et de chanteuses) dans le monde entier qui, aujourd’hui encore, reprennent ses plus grands standards, comme Michael Bublé et Diana Krall. Même Bob Dylan, le vieux folk singer en fin de parcours, se met à puiser dans son répertoire.

Frankie ne compose pas, n’écrit pas ses chansons, et ne joue d’aucun instrument. Il  est seulement interprète. Mais il choisit ses collaborations (cf notamment Nelson Riddle, son arrangeur) et ses titres avec beaucoup de flair. Moyennant un zeste d’exagération, j’ose avancer que tout morceau chanté par lui devient immortel. Ne me dites pas que vous ne connaissez pas, par exemple, Fly me to the moon ou I’ve got you under my skin. Non ? Alors, My Way ou Strangers in the night doivent vous dire quelque chose. Non plus ? Dans ce cas, il doit faire bien froid dans votre caverne, couvrez-vous !

 

Quand Sinatra se met à la danse, c’est Gene Kelly himself qui lui donne des cours. Et comme il se montre un digne partenaire du maître, il enchaine avec lui quelques films musicaux : Un jour à New York, Escale à Hollywood, Match d’amour. C’est donc qu’il est aussi acteur, me direz-vous. Certes, et pas n’importe quel acteur, puisqu’il reçoit l’oscar du meilleur second rôle pour son interprétation dans Tant qu’il y aura des hommes de Fred Zinnemann en 1953. Au total, il a tourné un peu plus de 70 films. Des bons, des très bons (Comme un torrent, L’express du colonel Von Ryan) et des nanars.

 

Avec ses amis Dean Martin et Sammy Davis, polyvalents comme lui et avec il tourne de temps en temps, il fonde le Rat Pack, une joyeuse clique qui chante et joue des comédies improvisées sur des scènes non ségrégationnistes, condition sine qua non de leur engagement.

 

J’ai toujours apprécié chez Frank, l’artiste, son immense talent, sa classe. Dans ses galas où il faisait show, il respirait le mec bien dans sa peau, heureux d’être là, en harmonie avec ses musiciens et son public à qui il donnait du plaisir et du rêve. Devant les caméras, il savait tout aussi bien jouer le rôle d’un être tourmenté (Comme un torrent) ou violent (Je dois tuer). Les grands artistes, dotés comme nous tous d’un cerveau reptilien, doivent y loger un caméléon.

 

Sur la personne qu’il était hors des projecteurs, je serai moins disert. Je n’ai pas détecté chez lui de qualités humaines particulières qui m’aient conquis. Et je me fous, après tout, qu’il ait pu être quelque peu despote, rancunier, proche de certains parrains de la mafia, cavaleur, goûteur d’un genre spécial pour le compte du Président JFK, et qu’il ait épousé sur le tard une actrice fumeuse de marijuana qui aurait pu être sa fille ...  Aujourd’hui comme hier, j’ai toujours plaisir à le voir et à l’écouter, et cela seul compte à mes yeux et à mes oreilles.

 

Outre l’anniversaire de sa perte, une grande perte, cette année 2015 lui valait bien un salut spécial. Car s’il vivait toujours, il aurait eu 100 ans le 12 décembre. Immortalité, éternité ? Je prends le pari qu’en 2115, on le célébrera encore.

 

Pierre DERUBY

Libre Penseur

13/05/2015

Certains dirigeants de PME-PMI ont les salariés qu'ils méritent Français : attention Danger !

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM