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Sammy Davis Junior

08/05/2015

Sammy Davis Junior

Little Big Sam - Auteur : P. Deruby  

Hasard du calendrier : deux jours après l’hommage à Frank Sinatra, c’est son compère Sammy Davis Junior qui  bénéficie ( ?) d’une nouvelle dédicace.

 

Même cause, même effet. Frankie nous avait quittés un 14 mai (1998). Sammy, lui, s’est éteint un 16 mai. Il y a 25 ans de cela. Il ne sera donc pas dit qu’il y a deux poids deux mesures entre les membres du Rat Pack. D’ailleurs, si Dino (Dean Martin) nous avait tiré sa révérence un 18 mai, sûr qu’il n’aurait pas été oublié non plus en cette chaude semaine. Mais voila, craignant sans doute de se faire enguirlander, il est parti un 25 décembre (1995). Je ne sais pas vous, mais moi ils me manquent tous les trois.

 

Avant toute chose, une question se pose. Pourquoi ce « Junior » toujours accolé aux prénom et nom de notre vedette ? Le lecteur perspicace aura deviné que c’est parce qu’il y a eu avant lui un senior dont il partage l’état civil jusqu’à la deuxième rubrique. Soit, mais certains d’entre nous ont aussi un ascendant portant les mêmes nom et prénom qu’eux, et n’en font pas état sur leurs cartes de visite pour autant. Ce qu’il faut y voir, c’est la marque du profond respect de Mister Entertainment envers son père. Car il est là, à une seule génération, ce parent homonyme.

 

Artistes, Papa et Maman Davis le sont tous les deux. Le premier un peu touche à tout, la deuxième concentrée, très concentrée, sur la danse. Ils partagent la même passion pour le spectacle, mais n’en ont rapidement plus l’un pour l’autre. Sam Junior n’a que 3 ans lorsqu’ils divorcent. Depuis quelques temps déjà, il n’a plus besoin du lait maternel. Donc ... la garde revient au géniteur, moins carriériste que son ex-épouse, qui se propose d’emmener le bambin en tournée avec lui, et avec  Will Mastin, son partenaire de scène.

 

Ce départ contrarié dans la vie a probablement été la grande chance de Sammy. Car s’il doit affronter l’enfance sans sa maman, il a en revanche deux pères. Deux complices qui conjuguent leurs soins et leurs efforts pour faire du petit un grand du music-hall. Du coup, l’éducation qu’ils lui donnent est essentiellement musicale et artistique. Les diplômes scolaires n’encombrent pas le C.V. de notre fils à papas. A peine a-t-il 5 ans qu’il est déjà membre, à part entière, du Will Mastin Trio qui se produit de cabarets en salles de concert.

 

Au retour de son service militaire, pendant lequel il a appris à lire ( !), Sammy entame une carrière solo. En 1954, il enregistre son premier disque. Le deuxième à peine terminé, il est engagé pour une comédie musicale à Broadway (1956), Mister Wonderful. Il n’est pas la vedette principale, mais il gagne sa part de succès tout au long des 400 représentations. La fusée Davis est lancée, elle ne se reposera plus.

 

Ce qui amuse et séduit chez S.D.J., c’est d’abord sa façon d’être, toute en contrastes. Ce petit bonhomme d’ 1,65 m devient en peu de temps un géant du divertissement. C’est un vrai gringalet et pourtant, il a une puissance vocale hors du commun et de l’énergie comme quatre. C’est aussi son exceptionnelle (unique peut-être ?) polyvalence artistique. Initié dès sa plus tendre enfance, il sait tout faire sur une scène : danser, faire des claquettes, chanter, jouer la comédie, jouer de la batterie, de la trompette, du vibraphone, imiter les autres chanteurs de son époque (notamment Nat King Cole, Tony Bennet, Louis Armstrong), et faire le pitre. Quand il pastiche son ami Dean Martin, il le fait un verre de whisky à la main. Et ne met pas longtemps à chanter dans le verre et boire dans le micro.

 

Je me souviens l’avoir vu accomplir un numéro éblouissant où il enchaîne la plupart de ses  aptitudes scéniques : il danse en chantant, saute comme un acrobate, exécute un solo de claquettes, reprend sa chanson et repart en bondissant jusqu’à une batterie sur laquelle il entame un second solo, et ainsi de suite ... Quelle énergie, quel talent, quelle fantaisie !

 

Juif, noir, et borgne, c’est sa façon de se présenter en grand adepte de l’autodérision. Noir, il l’est depuis toujours. La lutte qu’il ne cessera de mener contre la ségrégation – avec le soutien de ses compères blancs - lui vaudra la reconnaissance et le respect de très nombreux artistes de sa couleur comme Ray Charles, Michael Jackson, Eddy Murphy. Juif, il choisit de le devenir en optant pour le judaïsme qui, selon lui, répond à ses questions. Borgne, il l’est depuis 1954, victime d’un terrible accident de voiture au cours duquel il faillit perdre la vie.

 

Avec ses amis du Rat Pack, il fait les 400 coups à la ville comme à l’écran. Ses performances au cinéma sont celles d’un second rôle cantonné dans le registre de la comédie. Je suis tenté de penser qu’il n’a tourné ses films (l’inconnu de Las Vegas, les 3 sergents, ...) que par amitié envers ses potes Frank et Dean. Pour passer du bon temps en leur compagnie. Il n’avait pas la vocation d’être acteur. Il ne vivait que pour le contact avec le public qu’il aimait et de qui il aimait être aimé.

 

Atteint d’un cancer de la gorge, il meurt prématurément à 64 ans. Selon son souhait, il est enterré au cimetière de Glendale, en Californie, aux côtés de Sammy Davis Sénior et de Will Mastin. Jamais, il n’oubliera ce qu’il leur doit.

 

Et comme il sait mettre ses actes au diapason de ses idées, il verse une partie de ses cachets à chacun jusqu’à leur mort respective. Quand je vous dis que ce petit était un grand ! Au fait, il a aussi rédigé plusieurs autobiographies, dont une titrée « Yes, I can ». Ça vous rappelle quelque chose ?

 

Pierre DERUBY

Libre penseur 

18/05/2015

Français : attention Danger ! Le statut de la Liberté....

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM