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Le Festival de Cannes

02/05/2015

 Le Festival de Cannes

Yes, we Cannes - Auteur : P. Deruby

Il y a bientôt huit jours que les stars et leurs satellites protéiformes (metteurs en scène, journalistes, photographes, public, ...) ont déserté la Croisette qu’ils avaient ostensiblement occupée durant toute la décade précédente.

Pour notre société d’instantanéité, c’est déjà vieux. Nul doute que la trace laissée dans nos mémoires s’est déjà bien estompée.

 

Que reste t-il en effet aujourd’hui de ces milliers d’images, de flashes, d’interviews ? La palme d’or attribuée au film (Dheepan) de Jacques Audiard, qui confirme avec cette récidive qu’il a su se faire un prénom dans un registre différent de celui de papa ?                                                     

La maladresse, incontrôlée ou maîtrisée ( ?) de Sophie Marceau, qui après avoir laissé échapper un sein (le gauche) de sa robe lors de l’édition de 2006, offre sa culotte (couleur chair) aux objectifs des paparazzis en 2015 ?                                                                                                                                                 

L’éjaculation en 3D sur la caméra du film « Love » de Gaspard Noé, brillantissime créateur qui prétend que son nanar porno est un film d’amour ? On imagine déjà ce qu’il pourrait nous réserver pour la prochaine édition, 69ème du genre.                                                                                                                                          

Ou encore « le grand journal » quotidien d’Antoine de Caunes et son équipe sur Canal +, accueillant chaque soir en live et dans un studio plein air des actrices au décolleté vertigineux ?

 

Sans doute, tout ou un peu de cela, et d’autres images encore. Comme les prétentieuses ascensions du célèbre escalier opportunément revêtu de rouge, tant il s’émeut de ce qu’il voit de dessous. La prestation de l’élégant Lambert Wilson en tant que maître de cérémonie. La très faible visibilité des frères Coen (Ethan et Joël) sur le site d’un festival dont ils étaient co-présidents du jury.

 

Non. Finalement, rien de ce qui précède n’est digne d’encombrer nos fragiles neurones. C’est de l’anecdote, fugitive, et souvent futile. Ce qui compte, c’est que le cinéma vive. Parce qu’il nous transporte dans toute la gamme des émotions, nous fait rêver, nous interpelle, nous enrichit même quand il est bon ou que nous le jugeons tel.

De ce point de vue, le Festival de Cannes remplit bien sa mission, en dépit des trompeuses apparences soulignées plus que dénoncées ci-dessus.

 

Malgré l’existence de manifestations concurrentes à Venise, Berlin, et Toronto, Cannes reste le plus important festival de cinéma au monde. Ce qui peut légitimement flatter l’orgueil d’un pays dont le rayonnement culturel international s’étiole depuis la fin du règne de Louis XIV. Car, c’est sur, la compétition ne se joue pas qu’entre les films présentés dans une édition. Elle se joue aussi entre les festivals eux-mêmes et entre les nations – pas si nombreuses - présentes sur le créneau du cinéma.

 

Cannes a pour lui son histoire. La Mostra de Venise a déjà 6 ans, lorsque germe l’idée d’un festival libre dans la tête de Philippe Erlanger, diplomate et historien français. Pourquoi libre ? Parce que sous la pression d’Hitler et Mussolini, le palmarès de l’édition 1938 est modifié quelques heures avant sa divulgation au profit de documentaires de propagande nazie ( !). Dans ce contexte d’avant-guerre, l’idée d’Erlanger séduit le Ministre de l’Education Nationale de l’époque, Jean Zay, qui encourage la naissance du Festival International de Cannes en 1939. Le conflit mondial qui éclate quelques mois plus tard éteint pour plusieurs années les projecteurs. Puis vient l’heure du renouveau avec la 2ème édition, en 1946. Elle triomphe d’une Mostra salie par le Duce. Le Festival libre attire d’emblée à lui les artistes et créateurs du monde entier. La partie est gagnée.

 

Depuis lors, la réputation de Cannes ne s’est pas démentie. Outre la compétition, partie visible de l’iceberg, le rendez-vous de mai donne lieu à des tables rondes, des ateliers favorisant la rencontre de jeunes réalisateurs méritants avec des partenaires potentiels, producteurs, techniciens, etc ... De nombreux échanges professionnels productifs qui ne se tiennent pas forcément dans les night-clubs ou sur le pont de yachts privés, sont organisés de façon officielle ou informelle. Si le palmarès assure la promotion des réalisations et de ceux qui y contribuent, ce qui se joue dans l’envers du décor n’est pas moins important pour la vitalité du 7ème art.

 

Redisons-le. Précisément, le cinéma est un art majeur. Par sa dimension foncièrement humaine. Par sa capacité émotionnelle. Par son universalité et son intemporalité qui nous permet de découvrir – sans voyager – d’autres horizons géographiques et sociaux que les nôtres, d’autres époques que la nôtre. Muet et en noir et blanc, il séduisait déjà le public. En HD, 3D, en dolby, en 5.1, avec les énormes moyens de ce XXIème siècle et la riche gamme de talents qu’il produit, il nous comble.

 

A la lecture de ces lignes, chacun pourra, je l’espère, « se faire son cinéma », et pas seulement sur « l’écran noir de ses nuits blanches », comme le chantait si bien le regretté Claude Nougaro. D’ailleurs, qu’une chanson nous parle de cinéma est un juste retour des choses. Le cinéma et la musique ne sont-ils pas étroitement associés pour nous distraire et nous charmer ? John Barry, Wladimir Cosma, Ennio Morricone, Michel Legrand, Henri Mancini, Bruno Coulais ... Ces noms vous disent peut-être quelque chose.

 

CLAP !

 

Pierre DERUBY

Libre penseur

29/05/2015

Vivre au printemps Tous à poil !

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM