Vous pouvez correspondre avec les auteurs des articles en complétant la rubrique "Commentaires" en bas de page

Louis XIV : 300 ans déjà !

08/31/2015

Louis XIV : 300 ans déjà !

1er septembre 1715, le Soleil s'éteint - Auteur : Pierre DERUBY

« L’enfant du miracle, le Roi Soleil, Louis le Grand », chacun de ces surnoms évoque immanquablement « le roi absolu ... absolument roi » que fut Louis XIV, né Louis-Dieudonné.

 

Au palmarès de la notoriété, aucun de ses prédécesseurs ou successeurs ne peut rivaliser. Quel autre que lui déplace en sa demeure - que trois siècles n’ont pas décrépie - 7.5 millions de visiteurs par an, dont 75% d’étrangers venus des quatre coins du monde ? Je dis bien SA demeure, car même si d’autres locataires prestigieux l’ont occupée, Versailles c’est lui. Nul ne peut le contester. Avec son règne officiel de 72 ans et 110 jours, il détient le record d’Europe parmi ses équivalents. L’honnêteté commande toutefois de préciser qu’il n’a réellement dirigé le pays « que » pendant 54 ans. Jusqu’à son 22ème printemps, le pouvoir est entre les mains de sa mère et de Mazarin.

 

Vivant à notre siècle, sans doute dirait-on de Louis qu’il est « trop ». Mais trop quoi ? Trop distant ? Sauf à ignorer que le soleil est à 150 millions de kms de la terre, convenons que son emblème ne nous prend pas en traître. Trop impudique ? Il est vrai qu’avec le recul, l’exhibition permanente de sa personne dans les actes les plus intimes de sa vie a de quoi heurter le quidam du XXIème siècle. C’est oublier que l’« étiquette » fut un excellent moyen d’affirmer son autorité sur la noblesse et de contraindre les princes aux tendances rebelles à la soumission. Trop conquérant ? Cette fois oui,  car lui-même regrettera à la fin de sa vie d’avoir engagé le pays dans quatre guerres successives.

 

Comment rester indifférent devant ce roi si singulier, vénéré par les uns, honni par les autres, ou  alternativement vénéré et honni par les mêmes selon l’aspect de sa personnalité considéré ? Quand son oreille gauche, celle du bien, siffle, il entend dire, et nous avec lui, qu’il est « le plus grand roi de tous les temps ». Bien que méfiant envers les superlatifs, j’avoue être tenté de m’y rallier en ajoutant « en France ». Quand c’est la droite, le voila qualifié de roi-tyran, de roi sans morale, méprisant son peuple qu’il conduit à la ruine ou à la mort pour satisfaire sa mégalomanie. Si la phrase s’admet dans la bouche de ses contemporains, il me semble judicieux que nous, observateurs Français du XXIème siècle, y mettions davantage de réserve. Car aussi odieux l’homme était-il, il était dans les mœurs de son temps et ne différait pas tant, sur ce plan, de ses semblables. 

 

L’influence de Louis XIV sur l’exceptionnelle création artistique qui accompagne son règne est déterminante. Manifestement, le roi soleil peut être qualifié de grand manager. C’est un meneur d’hommes. Ceux dont il s’entoure – Le Brun, Le Vau, Le Nôtre, Lully ... - découvrent vite le niveau élevé auquel il place ses exigences. Ils y répondent d’autant plus volontiers qu’ils ont envie de lui plaire, et qu’ils apprécient, admirent même peut-être, son investissement personnel dans leur discipline. Moyennant quoi il les conduit aux limites d’un potentiel dont il a su deviner l’ampleur.

 

A l’époque du mousqueton, il fait flèche de tout bois pour assurer au royaume une position hégémonique en Europe, y compris sur les champs de bataille. Le fait-il pour lui ou pour la couronne ? Les deux, sans l’ombre d’un doute. Ses penchants au narcissisme, à l’orgueil, et à la fatuité sont bien connus. Mais sa personnalité ne peut être réduite à cela.

 

Par son éducation,  son tempérament, il porte de hautes ambitions pour son pays dont il se revendique le guide suprême, n’ayant de comptes à rendre qu’à Dieu. Probablement obsédé et aveuglé par son objectif, on peut lui reprocher d’avoir privilégié la gloire nationale aux dépens du bonheur de son peuple. A l’heure de son dernier souffle, il en fera lui-même l’aveu à son successeur. Mais jamais le rayonnement de la France en Europe et dans le monde n’a été plus grand que sous son gouvernement.  

 

Traumatisé par son expérience de la Fronde et entraîné par son incroyable ego, il a cru ouvrir pour longtemps la voie d’une Monarchie Absolue durable. Ce en quoi il s’est lourdement trompé. Car ses successeurs ont été contraints de partager le pouvoir. Et de plus en plus, tant ses excès ont déclenché des revendications a posteriori face à des souverains plus faibles que lui. On ne peut cependant pas totalement le condamner d’avoir fait ce choix. Les turbulences, trahisons et complots qui avaient marqué l’ère précédente, sous son père, lui avaient ouvert les yeux sur le risque de compter ses plus redoutables ennemis parmi ses proches.  

 

Poursuivant sa logique, Louis choisit, à mi-chemin de son règne, d’héberger à Versailles une cour innombrable, anesthésiant toute velléité agressive de sa part par une habile distribution de ses faveurs. Ce dont il se réjouit. Mais pas un instant, il ne se rend compte de l’indécence, aux yeux de son peuple, de cette vitrine luxueuse, habitée de gens inutiles autant que dépensiers. Un tel aveuglement ne génère pas le pardon. Ses dernières années le lui ont montré.  

 

Le pire, c’est que l’absolutisme politique ne lui a pas suffi. Il a fallu qu’il lui ajoute une dimension religieuse, sans la moindre nuance. Le minutieux travail accompli par son grand-père (Henri IV), puis par son père (Louis XIII), confrontés sur ce plan à des difficultés infiniment supérieures aux siennes, a été brutalement anéanti. Des centaines de milliers d’hommes et de femmes, nullement belliqueux, ont été pourchassés, souvent contraints à l’exil, parce qu’ils ne partageaient pas totalement ses croyances et ses pratiques. Des centaines de temples - et Port Royal - ont été détruits pour qu’aucune trace ne subsiste de ce qui le dérangeait. 

 

Quand la terrible faucheuse vient décimer sa famille en 1712, il y voit un châtiment divin. C’est l’heure de l’examen de conscience. Il se reproche les dérives de sa vie sentimentale, regrette d’avoir tant fait la guerre, d’avoir manqué d’attention au bien-être des petites gens. Trois ans plus tard, atteint de gangrène, il succombe à son tour au terme d’une longue agonie. 

 

Les funérailles sont expédiées. La dépouille royale est exposée quelques jours à Versailles avant d'être transportée, le 9 septembre, à la Basilique de Saint-Denis. Le Roi-Soleil a droit à un convoi funéraire de nuit, car on craint les railleries de la populace. A juste titre, car elle est bien là, en masse, à boire, chanter et danser au passage du cortège.

 

Pierre DERUBY

Libre penseur

2 septembre 2015

Tunisie Chérie Trop courtes vacances

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM