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A chacun son Tour !

11/08/2015

A chacun son Tour !

Une histoire d'amour jamais démentie - Auteur : Pierre DERUBY

Qu’on l’appelle Tour de France, Grande Boucle, ou tout simplement le Tour, il s’agit toujours de la plus prestigieuse épreuve cycliste au monde, créée en 1903. Ceux qui, d’un rapide calcul, en déduisent que le millésime 2015, récemment produit, était le 113ème, oublient que la France a été, à deux reprises, le théâtre d’une autre compétition humaine, bien plus dramatique. 

 

Lorsque Fausto Coppi remporte sa 2ème victoire, je viens à peine de cesser de pédaler dans le ventre de ma mère qui s’en trouve soulagée. Une époque bénie s’ouvre alors aux coureurs tricolores : en quinze éditions, de 1953 à 1967, à onze reprises un des leurs monte sur la plus haute marche du podium. Bobet, Walkowiak, Anquetil, Aimar, Pingeon font successivement vibrer la France. Est-ce de cette euphorie collective qui a bercé mon enfance que m’est venu, comme à tant d’autres de la même génération, un inlassable attachement à cette course ? Probablement.

 

Oui, il y a entre le Tour et nous comme une histoire d’amour qui ne s’est jamais démentie. Car quoi qu’en disent ses détracteurs, ce rendez-vous de juillet est porteur des plus belles de nos valeurs humaines : celles du courage, du dépassement de soi, de la saine émulation, de l’esprit d’équipe, du respect mutuel, ... Regardée aujourd’hui par plus d’un milliard de téléspectateurs à travers le monde, la vingtaine d’épisodes qui compose ce feuilleton annuel génère toute une gamme d’émotions ; émotions d’autant plus fortes que nous les savons universellement partagées.

 

Des drames ont ponctué son histoire. Celui de Tom Simpson, décédé en 1967, la veille de notre fête nationale, dans l’ascension du Mont Ventoux. Celui de Fabio Casartelli, victime d’une chute mortelle dans la descente du col du Portet-d’Aspet, en 1995. Ou encore celui de Roger Rivière,  invalide à 80% après sa chute dans la descente du col de Perjuret en 1960. Et tant d’autres.

 

D’autres images, plus heureuses, nous reviennent en mémoire. Celles de Bernard Thévenet mettant fin au règne du grand Eddy Merckx dans l’étape de Pra-Loup lors du Tour 1975. Celles d’Hinault et Greg Lemond franchissant main dans la main la ligne d’arrivée de l’Alpe d’Huez en 1986. Ou encore celles, cette année, de Daniel Teklehaimanot, coureur érythréen, endossant le maillot de meilleur grimpeur, ce qu’aucun coureur du continent africain n’avait fait avant lui. C’est sûr, l’internationalisation du Tour qui accueille désormais des participants venus des Amériques, d’Asie, d’Afrique, d’Australie, renforce encore sa popularité.

 

L’édition 1989 reste cependant, pour la majorité des observateurs, comme une des plus belles, par son suspense entretenu jusqu’au dernier jour. Ex-équipiers, Laurent Fignon et Greg Lemond s’étaient affrontés tout au long de l’épreuve, le maillot jaune passant presque chaque jour des épaules de l’un à celles de l’autre. Finalement, Lemond l’avait emporté in extremis contre la montre, dépossédant son malheureux rival du « yellow jersey » pour seulement huit secondes. Une blessure morale qui ne se cicatrisera jamais pour le français.

 

Quelques années plus tard, Laurent devenu commentateur sportif sur une chaîne publique, s’imposera comme un des meilleurs – le meilleur pour moi – de la corporation. Tant par la pertinence de ses commentaires que par son sens de l’humour. Admirable face à la maladie, il quittera cette vie qu’il aimait tant quelques jours après ses 50 ans.

Maligne, la Grande Boucle a plus d’un Tour dans son sac. En « live », elle enthousiasme les enfants avec sa caravane publicitaire, sorte de procession de véhicules multiformes distributeurs de cadeaux. Tandis que pour les parents et les autres spectateurs, l’attente, dans une ambiance festive, à guetter au bord de la route les premiers signes de l’approche des coureurs, a quelque chose d’excitant. Quant aux téléspectateurs, ils se répartissent en plusieurs catégories. Ceux qui aiment regarder les belles images terrestres et aériennes du décor de l’épreuve. Et ceux qui, vivant l’aventure par procuration, sont totalement immergés dans la course. Il y en a pour tous les goûts.

 

Un goût parfois amer quand les questions de dopage viennent souiller la beauté de ce sport. Le Tour en a beaucoup souffert dans les années 1990 et encore au début des années 2000, avec – entre autres - les affaires Festina et Armstrong. Aujourd’hui, les choses ont changé. Il y a encore quelques tricheurs, mais les mentalités et les pratiques ont évolué dans le bon sens. Et les contrôles sont de plus en plus efficaces. Malgré cela, le doute est resté tellement fort chez certains que toute performance devient suspecte à leurs yeux. Ce qui les pousse à des comportements indignes. Comme celui de cet abruti qui, cette année, asperge d’urine le leader Chris Froome au lendemain de son impressionnante démonstration de force dans la 10ème étape arrivant à la Pierre Saint Martin. Et plus loin, cet autre homme d’âge mûr, multipliant les bras d’honneur au passage du champion. Heureusement, ce ne sont que quelques cas isolés.

 

C’est le charme du Tour d’être à la fois unique et multiple. Et de n’être pas seul. Car beaucoup d’autres pays ont aussi voulu avoir le leur. L’Italie avec son Giro, l’Espagne avec sa Vuelta. Et d’autres depuis, partout en Europe, et plus loin, au Quatar, au Colorado, en Azerbaidjan, ...

 

En attendant décembre où les organisateurs dévoileront le parcours qu’ils ont tracé pour l’édition 2016, ceux qui ont la chance de recevoir la chaîne TV Eurosport peuvent actuellement se régaler des images du Tour d’Espagne, avec ses superbes paysages et son plateau de choix ... Ou, s’ils le veulent et le peuvent, enfiler un cuissard pour aller grimper un col. Allez, je vous laisse, les deux sont à mon programme.

 

Pierre DERUBY

Libre penseur

4/09/2015

Trop courtes vacances Extrême Droite (2), le Retour

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM