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Un autre regard sur l'automne

02/10/2015

Un autre regard sur l'automne

"A la Sainte Catherine, tout prend racine !" - Auteur : Pierre DERUBY

A 24 heures de la seconde égalité jour-nuit de l’année, faut-il avec Verlaine se préparer à entendre « les sanglots longs des violons ... » qui « blessent (ou bercent selon Trénet) mon cœur d’une langueur monotone » ?

 

Que nenni ! Et je n’ai pas plus envie d’y voir une barrière comme le bien nommé - et prénommé Alain - l’évoquait dans sa chanson « Elle était si jolie » : « Aujourd’hui, c’est l’automne et je pleure souvent. Aujourd’hui c’est l’automne, qu’il est loin le printemps ! ».

 

Franchement, y a-t-il une fatalité à sombrer dans la mélancolie ou la tristesse parce que notre éphéméride nous offre son feuillet du 23 septembre ? Non pas.

 

Car l’automne, loin des clichés grisaillo-brouillassants, est la saison des couleurs (et des odeurs) par excellence. Van Gogh, Cézanne, et bien d’autres ne se sont pas privés de l’immortaliser. Et si nous savons moins qu’eux en capter toutes les subtilités, il n’est pas indispensable d’être un artiste du pinceau pour découvrir et goûter le charme de la palette automnale dans nos campagnes, bois et forêts. Ou au bord des lacs, étangs et rivières.

 

Privées de leur chlorophylle nourricière, les feuilles des arbres passent en quelques semaines du vert au jaune, au brun, au doré, au rouge ... dans une symphonie de tons chauds qui opposent leur résistance aux premiers frimas. Un peu plus tard, mortes de faim et de froid, elles tombent. Et ce n’est pas un mince plaisir pour les enfants, petits et grands, de fouler l’épais tapis dont elles recouvrent le sol. Plus tard encore, celui-ci se transformera en humus, apportant aux troncs et branches alentour de quoi produire une nouvelle génération de feuilles dans un cycle perpétuel. Dans les vignes, si le ciel veut bien se montrer d’azur, le spectacle est tout aussi beau. Merveilleuse nature, toujours renouvelée.

 

La seule saison aux mois exclusivement en « bre » est encore celle des cueillettes abondantes, permettant à ceux qui savent de poser sur leur table des produits naturels, champignons, pommes, noix, etc., à consommer sans passer par le commerce.

 

Ces beaux présents ne doivent cependant pas nous faire oublier le futur, car la période est  propice aux plantations d’arbres, d’arbustes dans un sol encore chaud et plus humide. Avant de récolter, il faut planter, semer. Alors, tenons-nous prêts. Comme l’adage le dit : « A la Sainte Catherine, tout prend racine ».

 

Dès septembre, pressentant l’arrivée de froids plus vifs, certains grands migrateurs ailés se rassemblent dans un ballet digne des plus belles chorégraphies, avant d’entamer un voyage atteignant parfois plusieurs milliers de kilomètres vers des contrées plus chaudes. Dans les airs surtout, mais aussi sur terre et dans l’eau, toutes les grandes familles d’espèces comportent ce genre de nomades frileux. Comme les hommes jadis, et aujourd’hui encore pour quelques exceptions.

 

Sur ce thème lyrique, Chateaubriand nous donne dans ses « Mémoires d’Outre tombe » une leçon de vie, par sa capacité à être un observateur heureux de scènes automnales : « Je voyais avec un plaisir indicible le retour de la saison des tempêtes, le passage des cygnes et des ramiers, le rassemblement des corneilles dans la prairie de l'étang, et leur perchée à l'entrée de la nuit sur les plus hauts chênes du grand Mail. Lorsque le soir élevait une vapeur bleuâtre au carrefour des forêts, que les complaintes ou les lais du vent gémissaient dans les mousses flétries, j'entrais en pleine possession des sympathies de ma nature ». Quel talent !

 

Bon soit, nous ne pouvons ou ne voulons pas tous, ou pas toujours, nous abandonner dans la contemplation du monde qui nous entoure. Qu’à cela ne tienne, si la fraicheur nous dissuade de rester au-dehors, il y a aussi à faire au-dedans. Si le barbecue s’est inscrit à pôle emploi, le caquelon à fondue et le four à raclette peuvent, en revanche, reprendre du service. De quoi s’offrir de bons moments en famille ou entre amis.

 

Dès septembre encore, les salles obscures, au confort douillet, prennent leur revanche sur les loisirs concurrents de l’été, alimentées par des cinéastes bien conscients de la nécessité de sortir leurs films en période ad hoc. Et c’est la même chose pour les spectacles de toute nature.

 

Tout cela pour dire quoi en définitive ? Qu’on peut effectivement voir dans l’automne l’arrivée d’une période plus sombre. Mais qu’elle ne manque pas d’agréments, différents de ceux des autres saisons, qui n’en manquent pas elles non plus. Dans le monde professionnel d’aujourd’hui, la capacité d’adaptation au changement est un critère de sélection. Dans la vie, pour l’aptitude au bonheur, elle l’est tout autant. 

 

Pierre DERUBY

Libre Penseur

22 septembre 2015

Everest ! Daniel Cohn-Bendit : citoyen français

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM