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Général de Gaulle

11/05/2015

Général de Gaulle

Le dernier personnage historique français - Auteur : Pierre Deruby

Allez-y. Trouvez-en un parmi ceux qui se sont succédé dans la classe politique française de 1970 à aujourd’hui, qui n’ait pas l’air d’un nain à côté du Grand Charles. Servi, puis trahi par les « événements », ce géant du Nord  (1,96 m) n’était pas grand que par la taille. Il était de la trempe de ces êtres exceptionnels dont on ne trouve pas plus d’un spécimen par siècle. Et encore ...

 

Appréciation personnelle ou vérité objective ? Voyons cela.

En 2013, le magazine Historia lance une grande enquête auprès de son lectorat. La question : « Pouvez-vous noter 20 personnages (une liste est proposée allant de Clovis à François Mitterrand) selon l’importance que vous leur attribuez dans l’histoire de France ? ». Le dépouillement des réponses donne le tiercé suivant : 1) Napoléon, 2) Charles De Gaulle, 3) Louis XIV, avec une avance sensible de ces trois là sur les autres figures du pays. Ironie du vote : le dernier de la liste à avoir quitté notre monde, François Mitterrand, principal opposant au Général et l’un de ses successeurs, est aussi le dernier classé, au 20ème rang.

 

Servi par les événements, De Gaulle l’a été, assurément. Au discours du Maréchal Pétain annonçant le 17 juin 1940 à la radio la capitulation de la France devant l’Allemagne nazie, il réplique le lendemain depuis Londres en lançant sur les ondes de la BBC son fameux appel aux Français. C’est une triple prouesse. Celle d’avoir su convaincre Winston Churchill, le coriace chancelier anglais, de lui apporter son soutien. Celle de s’être opposé avec audace au gouvernement du pays dirigé par un de ses anciens hiérarchiques qui n’hésitera pas à faire prononcer contre lui une condamnation à mort pour trahison (2 août 1940). Celle d’avoir su galvaniser les résistants et exalter le patriotisme de tant de français hier résignés à une paix d’apparence salutaire dont ils ne mesuraient pas le prix. Qu’en serait-il de la nation française aujourd’hui si le Général ne lui avait pas donné ce sursaut ?

 

Tenir tête à l’ennemi ne lui suffit pas. Il affronte avec une ténacité sans faille ceux qui, parmi les alliés, doutent de lui et contestent sa légitimité. Avec à leur tête, Franklin Delano Roosevelt, le Président des Etats-Unis. Lorsque les forces de celui-ci débarquent en Normandie (6 juin 1944), il écarte totalement l’idée de marcher sur Paris. Ce serait retarder la progression vers le Rhin. De Gaulle, pourtant, a raison de son entêtement. Deux mois plus tard, le 25 août 1944, il prononce depuis l’hôtel de ville, ces mots passés à la postérité : « Paris, Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris Libéré ... ».

 

Devenu Président du gouvernement provisoire à la Libération, le Grand Charles, contesté par les partis politiques dont les représentants sont, contrairement à lui, élus par le peuple, démissionne de ses fonctions en janvier 1946. C’est un électrochoc qu’il entend donner à l’opinion dont il espère qu’elle le rappellera. Ce qu’elle ne fait pas. Le « deux étoiles » entame alors sa traversée du désert.

 

Très vite, la France replonge dans la guerre, dans les guerres. Deux conflits se succèdent : la guerre d’Indochine (1946-1954), et la guerre d’Algérie (1954-1962). En jeu : la décolonisation de ces deux pays.

 

La coalition au pouvoir, empêtrée dans le second, conduit le Président René Coty à appeler le Général pour former un nouveau gouvernement en juin 1958. Celui-ci n’accepte qu’à la condition de pouvoir mettre en place une nouvelle constitution mettant fin à l’instabilité des institutions. Soumise au peuple par voie référendaire en septembre 1958, elle obtient plus de 80% des suffrages. La IVème République disparait pour céder la place à la Vème qui survit toujours aujourd’hui. De cette époque encore très récente date l’élection du Président de la République au suffrage universel direct, clause majeure des textes approuvés.

 

Les électeurs algériens ont eux aussi approuvé à une large majorité cette nouvelle constitution qui s’applique à leur territoire. Mais la tentation indépendantiste fait peu à peu tâche d’huile dans tout le pays. Longtemps partisan d’une Algérie (durablement) Française, celui qui depuis le balcon du gouvernement général d’Alger proclamait en juin 1958 son célèbre « Je vous ai compris », comprend quelques années plus tard que le vent de l’histoire a tourné. Il fait organiser un référendum le 1er janvier 1962 dont le résultat est sans appel : 99% de OUI à l’indépendance. Quatre jours plus tard, celle-ci est proclamée. Des voix se sont élevées pour contester ce retournement perçu comme un abandon, une trahison. Ne faut-il pas y voir plutôt une vision lucide de l’aspiration d’un peuple à se gérer lui-même, et partant de là, un acte de total respect démocratique de la France envers une future ex-colonie ?

 

Elu Président de la République en décembre 1958 par un collège de 80 000 grands électeurs, De Gaulle est réélu en 1965 par les français avec plus de 55% des voix. Pour sept ans. Officiellement.

 

J’ai dit plus haut que, d’abord servi par les événements, le Général avait ensuite été trahi par eux. C’est bien sûr une référence à l’agitation, d’abord étudiante puis populaire, appelée « événements de mai 1968 ». Durant tout le mois, c’est le chaos, ... la chienlit. Mais aussi durs que sont les affrontements, ils ne font pas de victimes. Ceux qui parlent de révolution pour décrire cette période feraient bien de consulter leur dictionnaire. Révolte oui, révolution non. Toujours est-il que le pouvoir vacille. Celui que Malraux assimile à un chêne est ébranlé. Il s’interroge un temps sur l’opportunité de quitter le pouvoir ou de faire intervenir l’armée. Après une incroyable escapade de quelques jours en Allemagne, il revient avec ses certitudes tandis qu’une gigantesque manifestation lui apporte un soutien inattendu à Paris le 30 mai 1968.

 

Dès lors, il décide de dissoudre l’Assemblée Nationale et d’organiser des élections législatives anticipées. La majorité présidentielle obtient plus de 58% des voix. Le pays retrouve son calme. Pourtant, une autre consultation va suivre. Annoncé le 24 mai 1968 dans une allocution, un référendum a lieu le 27 avril 1969 sur la régionalisation et sur une réforme du Sénat. Le 4 avril, le Président dit toute l’importance que ce vote revêt à ses yeux pour le pays et annonce qu’en cas de rejet il quittera ses fonctions. Cette fois, c’est le divorce entre l’opinion française et son dirigeant. Le NON l’emporte avec plus de 52% des voix. Le 28 avril à  0 h 10, Monsieur Charles De Gaulle fait publier un communiqué laconique depuis Colombey les deux églises où il s’est retiré : « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi ».

 

Que retenir aujourd’hui de cet homme exceptionnel disparu le 9 novembre 1970, il y a 45 ans ?

 

Son charisme, son intégrité, son audace, sa grandeur, sa dignité, son patriotisme ... Certes, tout cela et bien d’autres vertus encore composant un cocktail exclusif. Peut-être faut-il y ajouter une considération particulière envers la gent féminine. Il en fallait bien, de l’audace et de la considération, pour inviter Brigitte Bardot à l’Elysée en 1967. Et, plus sérieusement, pour faire attribuer le droit de vote et le droit d’être élue aux femmes en 1944. Au fait, je ne vous l’ai pas dit : mon père, longtemps prisonnier en Allemagne pendant la dernière guerre, était un gaulliste de la 1ère heure. En écrivant ce texte, j’ai aussi pensé à lui.

 

Pierre DERUBY

Libre Penseur

6/11/2015                                                                                                                                                                                     

Mon nom est Bond, James Bond Immigration porteuse d'avenir

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM