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Mon nom est Bond, James Bond

11/07/2015

Mon nom est Bond, James Bond

James Bond a existé - Auteur : Pierre Deruby

Vous ne le savez peut-être pas, mais dans la vraie vie James Bond a existé. C’était un ornithologue américain réputé, auteur d’un ouvrage de référence sur les oiseaux.

 

Or, il se trouve que l’écrivain anglais Ian Fleming, qui partageait la même passion pour les volatiles, avait lu son bouquin. Inscrit sur la couverture, le nom du rédacteur fut pour lui une vraie révélation. Il le trouvait parfait pour l’agent 007, héros de son premier roman d’espionnage Casino Royale (écrit en 1952, publié en 1953). Il le fit donc sien. Dont acte ...  de naissance d’un personnage de fiction qui, la soixantaine passée, continue de nous étonner par ses prouesses en tout genre.

 

Spectaculaire carrière que celle de cet espion britannique, en littérature, à la télé, et au cinéma !                         

Bond n’est, au début, qu’un personnage d’encre et de papier, né de l’imagination fertile de Fleming, journaliste-écrivain qui se souvient avoir été officier du renseignement naval. L’homme a la plume productive et se plait à faire de 007 celui qu’il aurait aimé être. En 11 ans, il constitue une série de 14 titres mettant en action (périlleuse) son agent secret à qui il fait donner par sa hiérarchie le fameux permis de tuer.

 

Fin 1954 : après un second tirage, la vente de Casino Royale atteint le modeste total de 8 000 exemplaires. 

 

Novembre 1956 : alors que Fleming vient d’achever son 4ème opuscule,  Anthony Eden (1er Ministre anglais) le rejoint dans sa résidence jamaïcaine pour passer quelques jours de convalescence. Ce qui ne manque pas d’attirer l’attention du public vers l’œuvre de cet auteur dont l’existence est soudainement découverte.

 

Mars 1961 : Le Président Kennedy déclare dans le magazine Life que Bons Baisers de Russie (paru en 1957) fait partie de ses dix livres préférés. Ces deux marques d’intérêt, venant de puissants hommes politiques, vont grandement contribuer à asseoir la réputation du romancier et de son héros. Aujourd’hui, avec un total de plus de 100 millions de livres vendus (30 millions à la mort de Fleming en août 1964), la saga James Bond se classe parmi les meilleures ventes de fiction jamais réalisées à travers le monde.

 

Octobre 1954 : 007 fait sa première apparition à l’écran. Pour l’heure, ce n’est encore que le petit. Celui de la télévision, dont les foyers américains sont déjà majoritairement équipés. La chaîne CBS, qui a  acquis les droits d’adaptation de Casino Royale, en fait un téléfilm de 48 minutes avec l’acteur Barry Nelson dans le rôle d’un agent devenu américain et rebaptisé Jimmy Bond. Limité aux USA, ce premier et seul essai de transposition TV n’en connait pas moins un grand succès qui va donner des idées à d’autres. Dorénavant, c’est le grand écran qui va alimenter le petit, abondamment, et bien au-delà des frontières U.S.

 

Juin 1961 : Rivaux jusque là pour l’acquisition des droits d’adaptation de l’œuvre de Fleming, le canadien Harry Saltzman et l’italo-américain Albert Broccoli décident de s’associer pour fonder la société EON Productions. Basée à Londres, celle-ci devient producteur exclusif (passons sur quelques procès) des films de James Bond. Le premier de la série, James Bond contre Docteur No, sort en 1962. Depuis, 22 autres épisodes ont été réalisés (1), tous largement plébiscités par le public.

 

En 1975, Saltzman revend ses actions à United Artists qui laisse l’essentiel du pilotage à Broccoli. Depuis la mort de ce dernier, en 1996, sa fille Barbara a pris sa suite aux côtés de son demi-frère Michael Wilson. Voila pour la genèse bondienne, passage obligé pour comprendre un phénomène qui, loin de s’atténuer avec le temps, se renforce encore. En s’en tenant à notre nombril, autrement dit celui de la France, Skyfall (dernier film sorti en 2012) a dépassé, avec 7 millions d’entrées, le précédent record détenu par Goldfinger depuis 1964 : 6.7 millions d’entrées.

 

Et les pronostics vont bon train pour envisager un score plus élevé encore pour Spectre qui sera diffusé sur nos écrans à compter du 11 novembre 2015. La fenêtre de tir sera toutefois étroite, car la sortie le 16 décembre d’un nouveau Star Wars pourrait bien faire pâlir l’étoile de 007.

 

A l’échelle mondiale, les films de Bond les plus vus dépassent les 100 millions de spectateurs. Non seulement aucun épisode de la série n’a été déficitaire, mais chacun a rapporté en moyenne 500 millions de dollars, sans parler des contrats publicitaires associés. Comprendre le phénomène, comme dit plus haut, revient à se poser la question suivante : Quelles sont les raisons d’un tel succès, planétaire et durable ?

 

La première d’entre elles tient à la personnalité de Bond via celle des acteurs qui l’ont incarné. L’agent secret préféré des terriens exerce son charme tant auprès des femmes qu’auprès des hommes. Les premières adoreraient être à ses côtés, les seconds aimeraient être dans sa peau. Car James, comme elles l’appellent, a tout pour lui. Son bel âge : une immuable quarantaine. Sa haute stature : entre 1.85 m et 1.90 m pour les cinq premiers titulaires du rôle (1.78 m seulement pour le dernier en date, Daniel Craig, qui compense avec la circonférence de ses biceps et qui a la particularité d’être blond. Loin d’être une anomalie de casting, ce choix a été murement pensé par Barbara Broccoli qui souhaitait donner un nouvel élan à son héros). Outre son physique protecteur, 007 a aussi une belle gueule et du charme à revendre. Un grand séducteur dont le flegme et l’humour raffiné rivalisent avec l’élégance et la classe. A l’aise en toute circonstance, invulnérable y compris aux décalages horaires, jamais en souffrance. Sauf ici encore Daniel que Barbara (encore) a souhaité rendre plus proche de l’humain moyen. Ne m’en veuillez pas, Mesdames, de ne pas citer nommément les cinq autres. Vous avez bien en tête, j’en suis sûr, l’écossais, les deux anglais, l’irlandais, et l’australien qui se sont relayés dans les bras de vos plus belles représentantes.

 

A côté de celle-là, toutes les autres raisons semblent secondaires, mais constituent avec elle un assemblage savamment travaillé, dont la pertinence se mesure au box-office.

 

Citons pêle-mêle  : les génériques (un clip toujours soigné), la musique qui identifie instantanément la série  en sachant se moderniser de John Barry à Thomas Newman, les James Bond Girls (ah, Ursula Andress sortant de l’océan), les méchants adversaires (Richard Kiel, le géant aux dents d’acier), les effets spéciaux, les gadgets (cf. Mister Q), les belles voitures (ah, l’Aston-Martin), les palaces, les poursuites (voiture, moto, bateau, hélico, ski, char d’assaut... ). Et encore les cascades, les casinos, le champagne Bollinger, les voyages de pays en pays dans les hauts lieux du tourisme comme dans les endroits les plus dangereux de la planète. Avec James, on se laisse prendre au piège de l’énumération. J’y suis tombé moi aussi. Bien volontairement, car la recette-miracle bondienne tient précisément dans cette addition très calculée.

 

Pour terminer la préparation du cocktail, mettre la cerise sur le martini frappé, pas remué, il faut ajouter la communication, elle aussi très pesée. D’un film à l’autre, le terrain est occupé. Un astucieux teasing fait monter le désir. Allez, plus que quelques jours pour aller rêver devant Spectre dont on ne sait encore s’il sera le dernier épisode avec Craig. Lequel pourrait être remplacé par un acteur noir ou gay. N’est ce pas, Monsieur PB (ex JB), toujours ami de BB. Décidément 007, c’est beaucoup d’action ... précédée de beaucoup de communication.

 

(1)     Fleming n’ayant écrit que 14 romans, d’autres écrivains (Christopher Wood, John Gardner et Raymond Benson) ont pris le relais dans un style comparable pour assurer la pérennité du filon.

 

 

Pierre DERUBY

Libre penseur

08/11/2015

Bêtise des enfants Général de Gaulle

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM