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Vive l'Hiver !

20/12/2015

Vive l'Hiver !

Si Vivaldi ne l'a pas dit, il l'a pensé très fort ! - Auteur : Pierre Deruby

Ce billet dédié à l’hiver boucle la série des saisons et de leurs points de départ, solstices et équinoxes, entamée en mars de cette année.

 

Gageons que, le lisant, les mélomanes avertis feront d’emblée le parallèle avec le quatrième concerto qu’Antonio Vivaldi composa en son siècle, précisément sous le titre des Quatre Saisons. Ils se diront peut-être aussi que si le virtuose vénitien les a toutes mises en musique, c’est justement parce qu’il les aimait toutes, y compris la dernière ?

 

Certes, des esprits chagrins argueront qu’il lui a consacré moins de dix minutes quand les trois autres en ont reçu près de onze, ou un peu plus, mais avouez que c’est un peu couper les cordes de violon en quatre !

 

Pourquoi donc cette référence au prêtre roux, prédisposé par ses initiales au port de la soutane et à la dévotion à Marie ? Tout simplement en raison de son positionnement original, audacieux même. Car, ne nous le cachons pas, l’hiver n’a pas bonne presse. C’est la mauvaise saison, la saison froide, la morte saison, souvent assimilée à la fin de l’existence : « Il ne passera pas l’hiver. Elle est à l’hiver de sa vie ». Dans un autre registre, quand on habille quelqu’un pour l’hiver, c’est qu’on en dit du mal. Pas très positif tout ça.

 

L’hiver meurtrier – qui contrairement à l’été n’a pas fait le titre d’un film -, voila encore une idée fausse ! C’est le collectif Les morts de la rue qui nous le dit. En 2014, les quatre mois les plus froids (janvier, février, novembre et décembre) ont fait 124 victimes dans notre pays chez les sans-abri, alors que les quatre mois les plus chauds (mai, juin, juillet et août) en ont fait 143. CQFD.

 

Ce qui dérange dans cette saison intercalée entre la fin de chaque année et le début de la suivante, c’est surtout son manque de lumière et de chaleur. Double manque cruel qui conduit souvent l’homme à rechercher une compensation en cocoonnant dans son logis, alors que sa nature animale l’incite à vivre au dehors. Avec l’intelligence dont il est doté, n’a-t-il rien de mieux à faire que d’imiter les loirs, marmottes ou lézards qui, eux, ont l’avantage de savoir réguler leur hypothermie ?

 

Du coup, certains s’étiolent au point de devoir recourir à la luminothérapie ou aux UV des cabines de bronzage. D’autres préfèrent prendre pour modèle la cigogne ou d’autres oiseaux rares qui savent aller chercher ailleurs ce qu’ils n’ont plus chez eux. Je suis parfois de ceux-là, je l’avoue.

 

La fuite n’est toutefois pas indispensable. Bien au contraire. Heureux celui qui sait se débarrasser pêle-mêle de ses préjugés et de sa frilosité. Attentif aux plaisirs que seul l’hiver lui offre, pour mieux en jouir, il sera comblé. Les sportifs, sujets aux idées noires compris, pourront se griser de la blancheur des montagnes et de toutes les perspectives qu’elle leur ouvre.

 

Plus contemplatifs, certains se contenteront d’admirer la beauté des paysages livrés à la neige ou au gel. Quand la ouate cristalline recouvre les vallées, les bruits du dehors sont comme amortis, imposant parfois un silence qui vaut vraiment de l’or. L’observateur éprouve alors une bienfaisante sensation de repos, de calme. L’araignée, grande tisseuse mal aimée, n’est pas peu fière – à juste titre – quand de fines perles de rosée gelée donnent à son art toute sa dimension. A deux pas de là, la glace pétrifie les arbres, les transformant en statues d’une rare beauté. Quand la nature semble se dévêtir, les hommes au contraire se couvrent davantage.

 

L’hiver, c’est aussi le temps des fêtes. Celles de Noël avec ses marchés à l’ambiance chaleureuse, ses cadeaux, et surtout son réveillon prétexte à des retrouvailles, le plus souvent en famille et dans la joie autour d’une table bien garnie. Et celles du Nouvel An, avec un second réveillon en l’espace d’une semaine qui, si nous n’y prenons garde, peut nous mettre tête et foie en effervescence. Du bilan de l’année écoulée aux promesses de celle qui commence il n’y a qu’un pas, allègrement franchi. Chacun y va de ses bonnes résolutions et de ses projets. Dans l’euphorie, tout semble permis ...

 

Permettez-moi d’ouvrir ici une parenthèse pour citer deux films auxquels je pense forcément lorsqu’on évoque l’hiver. Deux films qui portent l’hiver dans leur titre, et que j’ai vus, revus et tant aimés : Un singe en hiver d’Henri Verneuil avec le duo Gabin-Belmondo, et Un cœur en hiver de Claude Sautet, avec Emmanuelle Béart,  Daniel Auteuil et André Dussollier. Vous trouverez peut-être que ça n’a rien à voir. Moi si. Que l’hiver ait tant soit peu inspiré de telles œuvres m’incite à l’apprécier encore davantage.

 

Malheureusement, le réchauffement climatique est là qui enlève de la magie à nos hivers. Y’a plus de vrai hiver, Y’a plus de saisons, entend-on dire autour de nous, et pas seulement par les concierges. Alors quoi ? On ne l’aimerait pas, mais on le regretterait dès qu’il semblerait menacé ? Le temps n’est pas loin où ce sera l’hiver – et pas seulement les sports d’hiver - que certains iront chercher ailleurs, faute de l’avoir chez eux. Car, par bonheur, il existe encore des régions de ce monde où l’hiver est long, voire quasi permanent. Il y a, n’en doutons pas, des leçons à tirer en observant les comportements de ceux qui y vivent.

 

J’ai eu la chance de passer il y a quelques années des vacances en Norvège et en Laponie. Je garde de la première le souvenir d’une nation active, accueillante, en totale harmonie avec son environnement. De la seconde, celle d’un pays où les gens sont heureux malgré le froid intense. Les levers et les couchers de soleil y sont fabuleux. Et le temps semble paradoxalement s’y dilater.

 

Alors, même s’il doit encore nous apporter quelques rhumes, angines ou gastros, et même si Vivaldi ne l’a pas dit, je vous invite à clamer en chœur : VIVE LES SAISONS, et VIVE L’HIVER !

 

Pierre DERUBY

Libre penseur

20 décembre 2015 

Dean MARTIN Lettre ouverte à Marion

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM