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Dean MARTIN

26/12/2015

Dean MARTIN

The King of Cool - Auteur: Pierre DERUBY

Le magazine Playboy l’avait baptisé avec pertinence « l’homme le plus cool qui ait jamais vécu », formule résumée par d’autres en King of Cool, et traduite en Prince du Cool en français (sans doute parce que depuis la Révolution, il y a chez nous comme une aversion pour les couronnes, sauf le jour de l’Epiphanie).

 

En nous quittant le jour de Noël, il y a tout juste vingt ans, Dino Crocetti, alias Dean Martin, nous a joué un dernier tour à sa façon. L’absence est cruelle pour ceux qu’on aime. 


Après ses compères Frankie et Sammy, ce fils d’immigré italien né dans l’Ohio est le troisième géant du Rat Pack honoré dans cette tribune. Parce qu’il le vaut bien, comme on dit chez L’Oréal. Un peu aussi parce que je m’y étais engagé en mai dernier.

 

L’image qui illustre ce billet nous le montre tel qu’il était : charmeur, élégant dans son smoking, avec un zeste de classe, et surtout, aimant la vie. Une vie qu’il ne prenait pas au sérieux, tant il semblait se foutre de tout, toujours prompt à ironiser, y compris sur lui-même. Boxeur à vingt ans sous le beau pseudonyme de Kid Crochet, il se souvient plus tard avoir participé à douze combats : « je les ai tous gagnés, sauf onze ».

 

Très tôt, il décide de vivre dans le monde du spectacle, mais il faut d’abord tenter quelques expériences ... pour voir. Donc la boxe, avant de couper quelques cheveux comme papa, puis un emploi de croupier, prémonitoire de son futur statut de prince (ou king ?) de Las Vegas. S’étant fait quelques relations parmi les patrons de clubs du Middle West, il se propose d’aller y pousser la romance. Pour mieux s’ouvrir les portes, il américanise son prénom, et s’amuse à prendre pour nom celui d’une boisson italienne sur laquelle il ne crache pas, en lui enlevant le « » final.

 

En 1946, il fait la rencontre de Jerry Lewis dans une boite de nuit new-yorkaise, point de départ d’une association qui va durer dix ans. A la fin des années 1940, ils forment le duo comique le plus connu et le plus demandé des Etats-Unis. A Dean, le rôle du crooner-séducteur, à Jerry, celui du zinzin-gaffeur. Outre la scène, les scènes, le tandem se produit aussi derrière les caméras avec quelques seize films, au succès inégal, à son actif.

 

En 1956, c’est la séparation, en partie provoquée par une presse qui considère Dean comme le faire-valoir de Jerry, ce qui irrite plus encore ce dernier tandis que Dino, l’ancien boxeur, encaisse. Chacun entame une carrière solo. Pour Dean, c’est tout tracé : chanson et cinéma, deux registres dans lesquels il s’est révélé, tout en ne dévoilant encore qu’une mince partie de son grand talent.

 

Avec Volare, The chapel in the moonlight, et Everybody loves somebody sometimes, il prend place sur le podium des meilleurs crooners de sa génération aux côtés de son pote Frank Sinatra. Sur les planches des plus grands music-halls, il fait un tabac, séduisant le public par sa nonchalance, ses facéties, et sa voix chaude et sensuelle dont le charme opère sur les représentants des deux sexes.

 

A l’écran, il prend toute sa dimension d’acteur, dramatique notamment, avec ses rôles dans Le bal des maudits, Comme un torrent, ou Rio Bravo, pour ne citer que trois de ses meilleures interprétations. Shirley Mac Laine, qui (comme Sinatra) a tourné avec lui dans le second, dit avec beaucoup de sagacité : « J'ai toujours pensé que Dean n'a jamais été aussi bon acteur que dans le film de Minnelli. Il ressemble énormément à son personnage, un solitaire qui a son propre code de l'honneur et qui ne fait pas de compromis».

 

En 1960, tout le Rat Pack est réuni dans Ocean’s Eleven de Lewis Milestone. Coup de maître qui fera l’objet d’un remake en 2001 avec George Clooney, Brad Pitt, Matt Damon et Julia Roberts, lui-même suivi d’un Ocean’s twelve et d’un Ocean’s thirteen. A 40 ans de distance, la recette fait toujours merveille ... et fait recette.

 

De 1965 à 1974, Dino se consacre essentiellement au Dean Martin Show qu’il anime chaque semaine (264 au total) sur la chaine de télévision NBC. Toujours un verre de whisky à la main (un leurre, puisqu’il s’agissait en réalité de jus de pomme), il accueille des célébrités avec lesquelles il se livre en duo à toutes sortes d’improvisation. Le succès est énorme, au point qu’aujourd’hui encore, Amazon vend l’intégralité de la série en 28 DVD.

 

Il poursuit avec bonheur cette carrière qu’il n’a jamais prise au sérieux jusqu’en 1987. Cette année là, son fils Dean Paul Martin, lui-même acteur et musicien, décède dans un accident d’avion à l’âge de 35 ans. Dino, qui cachait ses sentiments derrière son apparente désinvolture, ne s’en relèvera jamais. Il survivra - le mot est choisi à dessein - jusqu’en 1995. Toutes les tentatives de ses proches (Frank Sinatra, Shirley Mac Laine notamment) pour le remettre dans le circuit resteront vaines.

 

En 2006, Jerry Lewis qui s’est mis à l’écriture, lui rend le plus beau des hommages : « Dean était une sorte de pêcheur. Il me lançait comme on lance une ligne. Puis, soit il me ramenait doucement à lui, soit il me relâchait. Personne n'a jamais compris qu'il était le pilier de notre duo. Sans lui, Jerry Lewis n'aurait été que de la merde ! Mais on ne l'a jamais pris au sérieux. Et cela fut très dur pour lui. Il était comme un grand frère que j'aimais encore plus que mon père. Dean n'a jamais rien dit, il a toujours tout encaissé. Dean avait la comédie en lui, son sens de l'humour était extraordinaire, mais c'est moi qui recevais les ovations. A sa place, je n'aurais pas tenu cinq jours. Une semaine avant sa mort - le jour le plus dur de toute mon existence - il m'a dit : «Je t'aimais suffisamment pour continuer sans rien recevoir, juste pour te voir briller...».

 

Les hommes ne sont pas toujours ce qu’on croit qu’ils sont. Derrière les apparences, il y a des vérités cachées.

 

Pierre DERUBY

Libre Penseur

27/12/2015

Le temps des bonnes résolutions Vive l'Hiver !

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM