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Le temps des bonnes résolutions

30/12/2015

Le temps des bonnes résolutions

La minute philosophique de Pierre Deruby (Auteur)

« C’est décidé. En 2016, je me mets au sport, j’arrête de fumer, je m’intéresse davantage aux autres, je surveille mon alimentation ». Voila quelques exemples de bonnes résolutions qui, au seuil d’une année nouvelle, germent fréquemment en milieu cérébral. Et sortent parfois, ici et là, de lèvres imprégnées de conviction.

 

Qui peut y croire ? Celui qui fait le serment ? Celui qui l’entend ?

 

Derrière un désir sincère de changer son comportement, le résolutionnisteoption de barbarisme rapprochée d’illusionniste – ou le résolutionnaire option de barbarisme assimilée à révolutionnaire – se livre en fait à une saine autocritique qui révèle une frustration ou un sentiment de culpabilité. « Jusqu’à présent, je n’ai pas été, je n’ai pas fait, ce que je souhaitais. Mais je peux le faire. Et à partir de maintenant, ou en tous cas très prochainement – car il faut bien un peu d’indulgence vis-à-vis de soi-même -, je me le promets, ou vous allez voir : je serai qui je veux être, je ferai ce que j’ai décidé ».

 

L’intention est louable. Elle devient crédible si elle s’appuie sur une indéfectible volonté, entraînant des actes à la hauteur des paroles. Dans ce cas, les chances d’atteindre l’objectif sont maximales. Ou aussi maximales qu’elles peuvent l’être, compte-tenu des aléas extérieurs que nul ne maîtrise. Sans l’effet négatif d’un facteur malchance, le résultat sera là, et la satisfaction avec lui.

 

Mais si l’idée ou le propos n’est que de circonstance, né d’un simple désir sans volonté associée, c’est l’échec assuré, déclencheur à son tour d’une nouvelle déconvenue. Combien se mentent à eux-mêmes, feignant de croire qu’ils feront en 2016 ce qu’ils s’étaient déjà promis en 2015, 2014, etc ... ?

 

Affirmée devant d’autres, la résolution met davantage de pression sur son auteur. Si tant est que l’avis de ces autres lui importe. Mais excepté si notre homme (= être humain, et pouvant donc porter caleçon ou culotte, voire autre sous-vêtement de son choix) est un fanfaron, il y a tout lieu de croire qu’il en est ainsi.

 

La responsabilité de celui qui reçoit ce genre de déclaration n’est pas mince non plus. Sa réaction peut aller graduellement de l’encouragement à la dérision, en passant par le scepticisme et l’indifférence. A moins d’avoir un compte à régler avec l’intéressé, l’attitude généreuse est à privilégier. Elle passe bien sûr par l’encouragement, et la valorisation des efforts auxquels le déculpabilisé en devenir s’engage. A l’autre bout du spectre, la pire attitude est sans doute l’indifférence. Par contre, le scepticisme et la dérision ont un côté provocateur qui peut, chez certains, stimuler une réaction de défi. C’est un pari risqué, à n’engager qu’en parfaite connaissance de cause. Blesser quelqu’un qu’on aime avec l’intention de lui faire finalement du bien est très noble. Mais saura-t-il, après coup, s’en rendre compte et le reconnaître ?

 

Ceci posé, il est temps de me mouiller davantage sur ce sujet bien plus large qu’il n’en a l’air.

 

Les bonnes résolutions, qu’elles soient de début d’année ou d’autres temps : OUI, j’en suis un chaud partisan. Car nous n’en avons jamais fini avec notre propre construction, comme nous n’en avons jamais fini avec l’acquisition des connaissances ou la découverte d’horizons nouveaux. Il y a toujours à améliorer, chercher à être meilleur, en évitant les excès du narcissisme. Car, c’est l’inverse qui est visé. Admettre nos insuffisances est un acte d’humilité, laquelle figure parmi les plus belles vertus humaines.

 

Conscient d’être en progrès sur lui-même, l’homme limite ses conflits intérieurs, parvient à une sorte d’harmonie visible de l’extérieur qui rejaillit sur autrui. Nous touchons donc là à une autre vertu majeure : l’altruisme. Quoi ? L’homme pourrait au travers de son propre perfectionnement rechercher la satisfaction des tiers ou de certains d’entre eux ? Assurément oui. Ne nous réjouissons-nous pas du rayonnement ou de la sérénité de ceux que nous chérissons ? Les ondes positives comme les ondes négatives ont un indéniable effet contagieux.

 

Je suis entré là dans une dimension philosophique qui ne convient pas à tous. Mais elle n’est ni réservée aux uns, ni inaccessible aux autres. Il faut juste apprendre, comme tout s’apprend dans la vie. La plupart des philosophes, eux mêmes conscients de cette difficulté, cherchent à l’évacuer. Alain, par exemple, nous dit : « Même sans être sorcier, nous nous jetons une espèce de sort à nous-mêmes, disant : je suis ainsi, je n’y peux rien ». Le fatalisme est hélas monnaie courante.

 

Pouvons-nous admettre de laisser guider notre vie, notre bien le plus précieux, par nos simples pulsions, sans consacrer quelques efforts - de réflexion, de volonté, d’action – à l’amélioration de nos comportements individuels et relationnels ? Alors que nous en faisons durablement d’énormes pour des causes bien plus vaines.

 

En prenant la résolution d’écrire ceci, j’ai peut-être manqué d’humilité. Mais ne doutez pas que je l’ai fait par altruisme. Car au fond, je ne veux que votre bien à tous, CHER(E)S LECTRICES ET LECTEURS. Voila pourquoi, je vous encourage à prendre de bonnes résolutions, à les tenir, et à encourager, vous aussi, celles de vos proches.

 

Pierre DERUBY

Libre Penseur

30/12/2015

Bonne et heureuse année 2016 à tous ! Dean MARTIN

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM