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Harmonie

01/14/2016

Harmonie

Et au milieu coule le Doubs - Auteur : Pierre Deruby

En clin d’œil à celui du célèbre film réalisé par Robert Redford, ce titre est celui d’un remarquable documentaire diffusé ce mercredi 13 janvier par TV5 Monde.

 

D’habitude, ce genre de reportage est plutôt l’affaire de France 3, compte-tenu de son orientation régionale. Mais pour le thème choisi il fallait dépasser ce cadre, car le Doubs, comme plusieurs de ses sœurs, se partage entre deux pays : la France et la Suisse. Le choix de la chaine de la francophonie était donc tout à fait indiqué.

 

Tous ceux qui ont choisi ce programme ne l’ont, forcément, pas vu avec le même regard. Le mien a été séduit par l’impression d’harmonie, de plénitude, et de sérénité qui s’en dégageait. Il est vrai qu’habitant justement le département du Doubs, je pourrais être suspecté de manquer d’objectivité. Mais ce n’est que ma terre d’accueil. Mes racines sont ailleurs. Alors, ...

 

Parlons d’abord un peu du Doubs, cette rivière singulière dont le nom masculin vient du latin Dubius qui signifie douteux. C’est Jules César lui-même qui l’avait baptisé de la sorte lors d’une de ses incursions sur notre territoire. Appellation judicieuse si on considère ses nombreux méandres qui semblent exprimer comme des hésitations sur l’orientation à prendre. A vol d’oiseau, la distance qui sépare sa source de son confluent avec la Saône n’est que de 90 kms. Mais avant de mêler ses eaux avec celles de la grande rivière bourguignonne, il emprunte le chemin des écoliers et en parcourt 453 au gré de sa fantaisie et des plis jurassiens.

 

Né à l’altitude de 945 m, tout près de Mouthe, il longe la Suisse dont il marque la frontière sur plusieurs dizaines de kilomètres. Sa seule véritable incursion dans le pays se fait à la hauteur du district de Porrentruy qui constitue une enclave en rive gauche. A quelques kilomètres de là, lui qui avait entamé sa route au nord-est, se ravise soudain que la Saône est au sud-ouest. Et comme il rêve de se jeter dans ses bras avant d’entamer un mariage à trois avec le Rhône, il effectue un brutal demi-tour. Au passage, il pénètre dans une caverne rocheuse à Villers le Lac dont il ressort en accomplissant un saut de 27 m. Le voila cascadeur, ou cascade, ce mutant qui sait aussi se complaire en bassins statiques, comme à Morteau – qui vient de Morte Eau, traduit du latin Mortua Acqua -, et former des lacs (Saint-Point, Chaillexon). Stop. Je m’arrête là, car il y aurait trop à dire sur ce cours d’eau capricieux. Les curieux savent où se renseigner pour compléter leur culture.

 

Venons-en maintenant à l’émission elle-même. J’ai parlé d’harmonie. C’est effectivement l’impression dominante qui en ressort. Une harmonie entre la rivière, son environnement de plaines, de vallons, de gorges, ... Bref, sa flore, sa faune, et ses habitants dont le mode de vie est bien éloigné des stéréotypes auxquels les médias nous habituent.

 

De tous les représentants locaux interviewés émane un sentiment d’appartenance à cette nature qui les entoure. Ils n’en sont pas des spectateurs. Ils en font partie. Ils sont enfants des vallées, frères et sœurs de cette rivière qui, comme eux, est en perpétuel mouvement. Jamais la même, mais jamais tout à fait une autre. Ils sont artisans, paysans, restaurateurs, horlogers, pêcheurs, respectueux des matériaux qu’ils travaillent, des animaux qu’ils élèvent, et de tous ces éléments qui constituent leur décor. Des deux côtés de la frontière, ils fraternisent, soudés par des racines communes. Goumois, petit village franco-suisse, présente la particularité d’être réparti en deux localités séparées par un pont enjambant le Doubs. Chacune a sa mairie, mais seule la française a son cimetière. Du coup, un accord international prévoit que les goumoisiens suisses puissent être enterrés de l’autre côté de la rivière. Admirable.

 

L’entente va plus loin. Chaque année, au printemps, plusieurs centaines de bovins partent de la Praz, au pied du Jura suisse (pied élevé d’ailleurs car situé à 870 m) pour gagner des pâturages du Jura français limitrophe. Les bêtes sont préparées comme des miss. Les plus belles sont coiffées d’étranges chapeaux de fleurs comme des catherinettes. Elles ouvrent la procession. D’une impeccable propreté, elles sont toutes ensenaillées, autrement dit munies d’un collier de sonnailles, de clarines ou de cloches pour ceux qui connaissent mieux ces termes là. Les hommes qui les encadrent portent des vestes noires brodées qu’ils appellent dzepons ou bredzons. Après une marche de 20 kms, les vaches et leurs accompagnants arrivent à la frontière qu’elles franchissent une par une sous l’œil bienveillant des douaniers et d’un public nombreux avant d’achever leur progression.

 

Les gens de là-bas, dans leur majorité, donnent l’impression d’une grande quiétude. Ils aiment leur vie souvent rude et se montrent d’une étonnante empathie envers leurs voisins et ceux qui viennent découvrir leur région. La plupart d’entre eux s’épanouissent dans de nombreuses activités en dehors de celles qui les font vivre. Ils sculptent le bois, peignent, réalisent des vitraux, jouent des grandes orgues, pêchent dans LEUR rivière, photographient la faune. Ils sont loin, très loin, du monde où les technologies règnent, sans pour autant le dénigrer ou s’en désintéresser. Mais ils croient, j’ose dire ils savent, que le destin de l’homme est ailleurs, au sein de ce morceau de cosmos qui lui appartient et auquel il appartient.

 

Moi qui ai été accueilli avec tant de gentillesse dans la basse vallée du Doubs, et qui connait bien ceux de la moyenne et de la haute vallée, je leur devais bien cet hommage. Ainsi qu’un grand merci à Claude Schaull, réalisateur du document, à qui je dois une belle soirée 

 

Pierre DERUBY

Libre penseur

15/01/2016

La vérité... Monsieur Cambadélis

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM