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La vérité...

28/01/2016

La vérité...

... sur le cochon - Auteur : Pierre Deruby

Objet de polémiques, ce mammifère de la famille des suidés suinés, scientifiquement connu sous le nom de scrofa domesticus, est complètement indifférent au tumulte qu’il provoque. Il n’en a qu’hure. Ne comptez pas sur lui pour mettre son groin de sel dans nos stupides polémiques de bipèdes. Il a les pattes sur terre, ce gaillard qui partage avec nous 95% de son A.D.N. Et son Q.I., supérieur à celui d’un chien, lui confère une sagesse dont certains gesticulateurs patentés auraient avantage à s’inspirer.

 

Souvenez-vous, Walt Disney, qui n’était pas qu’un amuseur, lui rendit aussi un hommage à sa manière en 1933, montrant à quel point il(s) pouvai(en)t surpasser le loup en subtilité. Certes en s’y mettant à trois. Et puis, s’il faut en rajouter, sachez que des chercheurs de l’Université de Cambridge ont prouvé que le cochon sait identifier son propre reflet et qu’il a donc conscience de son existence. Avec ça, si vous le prenez encore pour un con ...

 

Non franchement, qu’a-t-il fait de si grave cet animal pour être ainsi condamné par des fats souvent natiques qui s’imaginent détenteurs des clés de la pureté ? Dès lors que quelques contre-vérités, issues parfois d’expressions populaires, auront été débusquées, nous verrons ce qu’il reste de l’acte d’accusation.

« Sale comme un cochon ». Ce n’est pas l’avis de tout le monde.

 

Pierre Loti, dont je ne vous fais pas l’injure de rappeler qu’il fut un écrivain du 19ème, nous le dit un jour : « Le cochon n’est devenu sale que par suite de sa fréquentation avec l’homme. A l’état sauvage, c’est un animal très propre ». Ce qui ne déclencha pas un torrent de popularité en sa faveur, mais ne lui ferma pas non plus les portes de l’Académie Française.

 

Le monde paysan, sans doute plus crédible en la matière, est lui aussi formel. Dès lors qu’on lui attribue un espace suffisant, le cochon délimite plusieurs secteurs distincts dans son enclos : la salle de jeux, la chambre, la salle à manger et les toilettes. S’il se roule parfois dans la boue, c’est pour protéger sa peau sensible contre les agressions des parasites et celles d’un soleil qui devient plus violent à mesure que d’autres mammifères détruisent la couche d’ozone ( !). Au moyen-âge, il nettoyait les villes de leurs ordures. Activez donc le premier comparateur d’hygiène qui vous tombera sous la main. Vous verrez.

 

« Un caractère de cochon ».  Faux ! Chez les cochons, comme chez la plupart des autres espèces, y compris celle qui monopolise le rire, il existe bien des affrontements entre individus pour établir qui sera le chef. La hiérarchie démarre même dès les premières tétées, chacun défendant jalousement sa mamelle. Mais au bout du compte, le cochon est plutôt sociable et câlin avec les siens. Il apprécie le contact avec les autres animaux de ferme – en tout bien, tout honneur -, ainsi qu’avec l’homme à qui il prêterait volontiers sa queue lorsqu’il faut délivrer un nectar du bouchon qui l’emprisonne.

 

Ce à quoi, il est peu probable que ce dernier soit disposé en retour. Lui qui, méprisant, dira volontiers à ses pairs « qu’ils n’ont pas gardé les cochons ensemble ». Enfin, notre héros est aussi très joueur, quoique sa propension à faire l’andouille le met parfois en difficulté.

 

« Manger comme un cochon ». Faux encore ! Ayant l’instinct de survie autant que bon caractère, le cochon se satisfait de ce qu’on lui donne, et se contente d’épluchures de légumes si c’est là la pitance qu’on lui réserve. Mais il a le nez fin et une excellente mémoire des odeurs. Avec son odorat très développé, il est l’un des mammifères le plus sensible au goût. Il est d’ailleurs le partenaire idéal de l’homme pour la recherche de truffes, le champignon préféré des gourmets.  Comme son estomac est petit, il mange souvent et en petites quantités, ce qui donne l’impression trompeuse qu’il a toujours faim.

 

« Gras et lymphatique ». C’est vrai qu’il est gros avec son poids moyen de 150 kilos dans nos fermes, inspirant la création de généreuses tirelires pour nos enfants. Gros soit. La faute à qui ? Quant à sa flemmardise supposée, elle nous vient de cette image si répandue de familles de cochons dormant les uns contre les autres. Toutefois, ne vous y fiez pas, ce balourd vous dominera largement si vous le défiez à la course. Car il est capable d’atteindre la vitesse de 45 km à l’heure. Peut-être pourrez-vous quand même prendre votre revanche sur un marathon, car c’est plus un sprinteur qu’un coureur de fond.

 

Venons-en maintenant à ce que nous connaissons ou croyons connaître le mieux de lui : son utilité pour l’homme, et d’abord sa destination alimentaire. Comme le dit le dicton « tout est bon dans le cochon ». Pensez donc : l’échine, le travers, la palette, le jarret, le filet mignon, les oreilles, les pieds, et j’en passe. Il est l’animal dont la viande est la plus consommée dans le monde en termes de tonnes d’équivalent carcasse (T.E.C.), avec 38% du total, devant le poulet (35%) et les bovins (28%). Moyennant quoi ceux qui prétendent en faire un tabou ont du pain sur la planche.

 

Les services qu’il rend aux humains dans le domaine de la santé ont de quoi surprendre.  Sa peau - la seule avec la nôtre sujette aux coups de soleil - est utilisée pour réaliser des greffes, son insuline pour traiter le diabète. Les grandes analogies entre nos systèmes digestifs font l'objet de nombreuses études. En France, l'I.N.R.A. (Institut national de la recherche agronomique) mène à partir du cochon des recherches aussi bien sur l'obésité que sur la nutrition des nouveau-nés en sous-poids. Il est même possible de greffer des organes porcins sur l'homme, c’est dire notre proximité.

 

Enfin, Michel Pastoureau, auteur du livre «  Le cochon, histoire d’un cousin mal aimé » nous le rappelle : « Une truie peut être mère porteuse d'un embryon humain le temps d'une opération chirurgicale ! Je ne sais pas quels troubles psychologiques on garde d'avoir été dans le ventre d'une truie, mais ça s'est fait, au Canada ». La gestation pour autrui d’une truie, voila qui ne va pas sans poser problème d’éthique.

 

Terminons ce trop rapide survol sur une note optimiste, quoique ... Bon vivant, le cochon a raison d’en profiter. Car son horizon maximum s’arrête à l’âge de 25 ans, s’il n’a pas prématurément fini dans notre assiette. Et puis, comme me disait récemment, un copain – comme cochon bien sûr – « qui vivra verrat ». Peut-être vous aurai-je convaincu que le cochon n’est pas un porc. A l’inverse de tant de ceux qui font sur lui un transfert.

 

Pierre DERUBY

Libre penseur

27/01/2016

"Au revoir, Christiane"... Harmonie

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM