Vous pouvez correspondre avec les auteurs des articles en complétant la rubrique "Commentaires" en bas de page

Unforgettable Nat King Cole

02/10/2016

Unforgettable Nat King Cole

Un artiste et un homme d'exception - Auteur : Pierre DERUBY

Nathaniel Adams Cole étant né (en Alabama) le jour de la Saint-Patrick, le 17 mars 1919, nul n’aurait été surpris de lui savoir un penchant pour le whisky. Mais des trois faiblesses chantées quelques années plus tard par Annie Cordy dans son célèbre « Cigarettes, whisky et petites pépés », c’est pourtant aux premières qu’il cède dans ses jeunes années.

 

C’est aussi par elles qu’il succombe le 15 février 1965, sans avoir eu le temps de vieillir. A seulement 45 ans, il y a 51 ans. Persuadé que la fumée adoucit sa voix ( ?), Cole grille trois paquets de Kool par jour, allumant même plusieurs cigarettes les unes derrière les autres avant chaque session d'enregistrement. Déplorable méprise !

 

Unforgettableinoubliable en français -, c’est le titre d’un de ses plus grands succès, daté de 1951. Une belle mélodie, reprise quarante ans plus tard par sa fille ainée, Natalie Cole, chanteuse elle aussi, dans un émouvant duo virtuel avec son père. Grâce à une performance technique très réussie, NKC apparaissait sur un écran géant lors de chaque gala de son héritière, semblant réellement chanter avec elle. Cet instant magique, également gravé sur disque laser, figure souvent en bonne place dans la CDthèque des amateurs de jazz, dont je suis. Désormais, les anges les accompagnent l’un et l’autre, puisque Natalie a rejoint Nat dans l’au-delà le 31 décembre 2015.

 

Inoubliable, Nat ne l’est malheureusement pas autant qu’il le mériterait, car sa disparition précoce l’a empêché d’être connu d’un public qui, par contre, a bien vu et entendu les autres crooners plus « longévistes » de sa génération, Frankie (Sinatra), Dino (Dean Martin), et Sammy (Davis Junior), avec qui il rivalisait de notoriété dans les années cinquante et soixante.

 

Dès sa plus tendre enfance, Nat apprend le chant et le piano aux côtés de son père, un pasteur, et de sa mère qui officie à l’orgue et dirige le cœur du temple. Encore adolescent, il fait ses débuts dans le groupe de son frère, The Eddie Cole’s Solid Swingers qu’il accompagne au clavier. A vingt ans, il crée sa propre formation, le Nat King Cole Trio, dont le swing à base de piano-guitare-contrebasse (pas de batterie, un inédit pour l’époque) fait d’emblée un tabac sur les ondes américaines. Très sollicité, il accompagne également les plus grands jazzmen de l’époque. Durant les premières années de sa carrière, il se consacre exclusivement au piano avec un brio (et un trio, je l’ai déjà dit) qui inspirera plusieurs grands noms de la spécialité. Le répertoire du groupe, instrumental, ouvre la voie à un nouveau type de jazz, le jazz cool, un jazz californien loin du jazz « speed » de New-York.

 

En 1949, le trio se mue en quartet avec l’intégration de Jack Costanzo, exceptionnel joueur de bongos, qui enrichit le son de l’ensemble. Mais c’est surtout lorsqu’un spectateur lui demande de chanter sur Sweet Lorraine que Nat entame une nouvelle phase de sa carrière. Réticent au départ, il finit par céder et n’en revient pas de l’accueil que le public lui fait dès ce premier essai. Dès lors, NKC ne cessera plus d’articuler ses phrases mélodiques devant le micro. L’immense pianiste se double d’un immense chanteur, ce qui ne s’était encore jamais vu.

 

Au début des années 1950, Cole se range dans la catégorie des crooners dont la plupart sont ses amis et lui vouent une grande admiration. Il enregistre avec la grande formation de Count Basie. Puis élargit son répertoire au style hispano-latino, avec plusieurs disques produits en espagnol.

 

Nat a été le premier artiste noir à avoir son show à la télévision en 1956. L’expérience ne dure qu’un an, car les sponsors refusent d’accompagner un présentateur dont la peau n’est pas blanche. L’Amérique de ces années là ne brille pas par son ouverture et sa tolérance. En 1948, Cole s’installe à Hancock Park, un quartier chic de Los Angeles. Le Klu Klux Klan plante une croix en feu dans son jardin, ce qui met le voisinage en émoi. L'association des propriétaires déclare qu'elle ne veut pas de personnes indésirables dans le quartier. "Moi non plus, rétorque Cole. Et si je vois une personne indésirable, je serai le premier à m'en plaindre", une répartie célèbre qui témoigne à la fois de son sens de l’humour et de son aplomb face à l’odieuse adversité.

 

En 1956, il est agressé sur scène par des membres du North Alabama Citizens Council lors d’un concert à Birmingham. C'est le dernier  qu'il donne dans le Sud des Etats-Unis. Plus tard, il apporte son soutien au Mouvement des droits civiques qui milite pour l'obtention du droit de vote pour les Noirs américains. Mais sans s’investir plus que ça dans cette cause, car il se veut artiste plus que militant. En 1960, il apporte néanmoins son soutien à la candidature de J.F. Kennedy, et chante l’année suivante lors de son investiture.

 

Il fait aussi de la radio, du cinéma (il joue notamment dans Citizen Kane d’Orson Welles), et des clips pour ses chansons, blanchi autant qu’il peut l’être par les maquilleuses, bien avant Michael Jackson. L’énorme succès qu’il a connu de son vivant tient non seulement à ses qualités de pianiste et de chanteur, mais encore à son charme naturel, fait d’élégance et de sympathie. Toujours tiré à quatre épingles, toujours souriant et décontracté. Voix de velours, doigts d’argent et peau d’ébène. Sur scène et en dehors, l’homme était très apprécié.

 

Ray Charles (à ses débuts), Marvin Gaye, Johnny Mathis, ou encore Georges Benson qui lui a récemment consacré un album hommage, sont parmi ses héritiers les plus célèbres.

 

A ceux d’entre vous, chers lecteurs, qui ne le connaissent pas,  je recommande vivement d’aller à sa découverte en faisant quelques recherches sur le net à partir de Youtube. Vous pourrez y découvrir cet artiste et cet homme d’exception au travers de quelques-uns de ses plus grands succès comme Caravan, Sweet Lorraine, Love, et bien d’autres. Et de là, j’espère qu’il deviendra pour vous, comme pour moi, inoubliable.

 

Pierre DERUBY

Libre Penseur

11/02/2016

Réponse aux réactions du billet de Pierre DERUBY - La Terre en partage Réactions au billet de Pierre DERUBY - La Terre en partage

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM