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Qui n’a jamais dansé sur un volcan ?

04/03/2016

Qui n’a jamais dansé sur un volcan ?

A chacun son Everest - Auteur : Pierre DERUBY

Depuis une trentaine d’années, j’éprouve une sorte de fascination à l’égard des enfants de Vulcain, le dieu du feu, dont le nom a donné vulcanus en latin, puis volcan en français. Je la dois à mon fils qui, alors en primaire, nous avait annoncé à sa mère et moi, qu’il voulait être volcanologue quand il serait grand. Un rêve de gosse, évanoui après quelques années, la maturité venue. Cependant, je me souviens l’avoir repris en lui disant : « Tu te trompes fiston, on dit vulcanologue ». Ce qui m’avait valu en retour un : « on peut dire les deux, papa, la maîtresse nous l’a dit » sans le moindre trémolo d’hésitation dans la voix. Moyennant quoi, j’avais ramassé mes billes, non sans vérifier après coup que l’enseignante à qui je devais ce camouflet ne s’était pas fourvoyée. Merci à elle et à lui pour la leçon.

 

A l’époque, mes connaissances sur le sujet étaient des plus scolaires. A part ceux de l’Etna, du Vésuve et du Stromboli, je calais sur les noms des 1 497 autres volcans de la planète ayant érupté au cours des 10 000 dernières années. Je savais bien aussi qu’il y avait des spécialistes, mais je n’en connaissais qu’un : Haroun Tazieff (dont Pierre Desproges nous apprit plus tard qu’il était le gynécologue de Régine). Maigre bagage.

 

Pour alimenter la passion filiale naissante, les bons parents que nous étions - et sommes encore ;  on n’est jamais si bien servis ... - s’étaient donc mis en quête d’acheter quelques bouquins et d’en emprunter d’autres à la médiathèque locale. Tout est né de là. De fil en aiguille, nous nous sommes piqués (!) d’intérêt pour ce domaine dont l’exploration - virtuelle - nous tient encore en haleine aujourd’hui.

 

Outre nos recherches personnelles, c’est une rencontre qui a le plus fait croître notre intérêt pour les collines et montagnes de feu. Celle de Katia et Maurice Kraft venus présenter un de leurs films en France profonde dans les années 1980. C’était dans le cadre d’un cycle de conférences Connaissances du Monde. Leurs images d’une rare beauté, tant ils n’hésitaient pas à s’approcher des coulées de lave, nous avaient éblouis à une époque où la HD restait à inventer. Mais nous l’avions été encore bien davantage par leurs récits. Par leurs personnalités aussi, très différentes et pourtant si proches autour de leur passion commune. Des scientifiques-baroudeurs, spécialistes des volcans explosifs, les plus dangereux, ça ne se côtoie pas tous les jours. Nous mesurons la chance que nous avons eue de les approcher. Et nous pleurons encore leur disparition prématurée en 1991 sur les pentes du Mont Unzen, au Japon.

Mais pourquoi donc nous parler de volcans aujourd’hui, me direz-vous ? L'éruption de l'Eyjafjöll, ce volcan islandais au nom imprononçable, qui avait mis la panique dans toute l’Europe, c’était en 2010. Et depuis, le journal de 20 heures ne nous parle plus jamais de panache de gaz ou de coulée pyroclastique.

Certes. Est-ce à dire qu’il ne se passe plus rien dans les quelques 500 cratères terrestres (donc sans compter les sous-marins) réputés actifs sur la planète ? Certainement pas. Au contraire, il y aurait chaque jour quelque chose à mentionner. Exemples :

2 mars 2016 – Volcan Suwanose-jima, Japon, 796 m : Le volcan a connu aujourd'hui, en fin d'après-midi  un épisode d'activité accrue sous la forme d'une émission de cendres qui s'est élevée d'environ 1000 m au-dessus du cratère actif.

1er mars 2016 – Volcan Fuego, Guatemala, 3763 m : L'activité mixte effusive/explosive se poursuit. Le sommet de l'édifice reste littéralement illuminé par une activité de type fontaine de lave, tandis que la partie de magma qui n'est pas expulsée par les fontaines, descend toujours en direction de la ravine Las Lajas/El Jute. Pour l'heure, sa longueur est d'environ 2000m.

 

A rebours de notre société moderne, ultra-communicative, où règnent l’instantanéité et la fugacité, développant chez l’homme une incroyable capacité d’oubli, il me plait d’observer un phénomène qui existe depuis la nuit des temps et se répète de jour en jour sous des formes inattendues. Pensez donc : le plus vieux volcan du monde (situé en Amazonie), tellement vieux qu’on ne lui connait même pas de nom, aurait 1 900 millions d’années, soit à peu près la moitié de l’âge de la terre. Et le plus ancien volcanologue de notre histoire ne serait autre que Pline le Jeune, célèbre sénateur romain, réputé entre autres pour sa description de l’éruption du Vésuve en 79 après JC. A l’époque déjà, il parlait de nuées ardentes. Vir magnus !

 

Souvent, très souvent, les éruptions offrent un spectacle magnifique auquel nous n’avons accès que grâce à l’audace de quelques « privilégiés ». Qui n’a été émerveillé par ces images de roches devenues liquides sous une température supérieure à 1 000°  s’écoulant d’un cratère en altitude pour aller parfois jusqu’à se jeter dans la mer et y mettre le feu ? Ou par ces explosions projetant des roches incandescentes dans les airs, comme celles du bien nommé Piton de la Fournaise ? Toutes ces coulées de lave, rivières de lave, fontaines de lave, nous rappellent à quel point la nature peut-être belle, déroutante, et parfois meurtrière. Comme d’autres phénomènes naturels : séismes, typhons, tornades, tsunamis, ouragans, avalanches, ... elles nous ramènent à notre vulnérabilité, à notre impuissance.

 

Depuis l’an 1700, un peu plus de 250 000 humains ont péri à la suite de phénomènes volcaniques, brûlés, gazés, ensevelis, ... Aujourd’hui encore, 500 millions de personnes sont concernées par ces mêmes risques. Malgré les énormes progrès réalisés par les experts, et bien que des laboratoires surveillent 24h/24 les cratères les plus menaçants, la prévention demeure lacunaire. Affirmer qu’une catastrophe aura lieu à partir de tel ou tel volcan est possible, mais sans pouvoir en déterminer ni l’ampleur, ni la datation précise.

 

A l’instant de conclure, peut-être faut-il revenir sur le titre de ce billet. « Danser sur un volcan », c’est l’une des nombreuses expressions attachées à notre langue. Qui signifie : être exposé à un péril sans en avoir conscience. N’est-ce pas notre cas alors que nous vivons sur un brasier permanent (*) sans le savoir, ou sans y penser ? Peut-être, mais pas pour tous. Certains ont la ressource de transformer les menaces en opportunités. Il suffit de taper tourisme volcanique sur un moteur de recherches pour voir apparaître des sites d’agences proposant des randonnées sur des cratères aux quatre coins de la planète. Les moins téméraires pourront se contenter d’aller à la rencontre des montagnes de feu de Timanfaya sur l’île de Lanzarote aux Canaries, ou prendre un ticket pour le parc Vulcania. A chacun son Everest !

(*) qui, en d’autres temps, aurait provoqué l’extinction des dinosaures selon l’avis de nombreux scientifiques.


Pierre DERUBY                                             Libre penseur                                               4 mars 2016 

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Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM