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L'heure H

10/03/2016

L'heure H

Un soir, trois destins - Auteur : Pierre DERUBY

Franck Ferrand nous a livré lundi soir le premier triple volet de sa nouvelle émission : L’heure H. Depuis plusieurs mois, ce passionné d’histoire doué pour la raconter autant que pour l’analyser, était porté disparu des plateaux de France 3. Motif : la chaîne ne se satisfaisait plus d’être régulièrement sous la barre des 2 millions de téléspectateurs à chaque diffusion de l’Ombre d’un doute. Du coup, l’émission programmée depuis 2011 était irrémédiablement condamnée. Et c’est via le site Puremedias que l’animateur avait appris, en mai dernier, qu’elle s’arrêterait après le numéro 51.

 

Voila qui appelle quelques remarques.

 

D’abord, sur cette façon apparemment cavalière - et semble-t-il coutumière dans ce milieu - de remercier un présentateur au professionnalisme indiscutable. No problem, apprend-t-on toutefois de la bouche même de l’intéressé qui vole au secours de son employeur. S’il reconnait être tombé des nues en apprenant la nouvelle par ce canal singulier, il avoue aussi qu’il s’y attendait et qu’il avait déjà un rendez-vous pour évoquer la suite de son activité avec la direction de la programmation. Selon lui, il y a simplement eu une fuite malencontreuse, et il ne se sent nullement vexé. OK.

 

Ensuite, sur la coïncidence de ce remue-ménage avec l’arrivée d’une nouvelle P.D.G., Delphine Ernotte-Cunci, à la tête de France Télévisions. Vous ne la connaissez pas ? Moi non plus. Mais vérification faite, sa prise de fonction date d’août 2015. Donc, là encore, la remarque fait psschiit, puisque le sort de « l’ombre » était scellé avant.

 

Enfin, et c’est sans doute le point le plus sensible, il est permis de s’interroger sur la soumission d’une chaine comme France 3 à la loi de l’audimat. Son cahier des charges ne la définit-il pas comme « une chaîne généraliste à vocation nationale et régionale qui se différencie des autres chaînes en diffusant davantage d'émissions culturelles et éducatives » ? Serait-il cohérent avec cette mission de ne servir que ce qui correspond au goût majoritaire, indépendamment même de la qualité forcément subjective de celui-ci ? Vous me direz que pour la culture il y a Arte. Soit, mais c’est une chaîne franco-allemande qui ne fait pas partie de France Télévisions (qui détient quand même 45% du capital d’Arte France), et que la mission de service public du Groupe doit bien quelque part réserver une place à la culture.

 

Avec ce genre d’approche, la pérennité de l’heure H est peut-être d’ores et déjà compromise. Car les résultats d’audience sont sans appel pour la soirée du 7 mars 2016 : 1) TF1, avec le téléfilm Après moi le bonheur : 6 771 000 téléspectateurs, 2) France 2, avec sa série No Offence : 3 753 000, 3) TMC (chaine de la TNT), avec le film Expendables 2 : 1 912 000, 4) France 3, avec l’Heure H : 1 910 000 (7.3% du public).

 

Encore ne sommes-nous là que sur le premier des trois documentaires de la soirée diffusé à 20 h 55 : celui consacré à Diana Spencer, censé mieux cartonner que les deux suivants (une et deux heures plus tard) dédiés à Jean-Paul II et Anouar El Sadate.

 

Peut-être y a-t-il finalement à espérer de l’arrivée de Madame Ernotte-Cunci aux commandes du groupe public ? Peut-être a-t-elle fait de son cahier des missions et des charges une lecture différente de celle de son prédécesseur ? J’observe que la programmation de l’émission, initialement prévue en seconde partie de soirée, a été ramenée en « prime time » (pardon pour cet anglicisme, mais c’est à mon grand regret le terme consacré).

 

J’observe aussi  que, sur la même soirée, trois documentaires de 52 minutes chacun sont diffusés. Choix cette fois discutable puisqu’il contraint les travailleurs du lendemain à veiller jusqu’à 23 h 55. A moins qu’ils ne décident d’y revenir plus tard dans la semaine avec Pluzz.

 

Bref, vous avez deviné en lisant les lignes plus haut que la nouvelle émission ne ressemble plus beaucoup à la précédente : abandon de l’histoire séculaire au profit de la seconde partie du XXème siècle, format initial variable entre 1 et 2 h ramené à un format fixe de 52 ‘, accent mis sur la narration (Franck le fait très bien), témoignages de contemporains proches du personnage vedette de l’émission ...

 

Personnellement, je suis un peu moins enthousiaste face à l’heure h que je ne l’étais face à l’Ombre d’un doute, car je préfère l’histoire plus ancienne. Mais ce n’est que mon goût, lequel est sans importance. La nouvelle émission est bien conçue. Encore une fois, Franck Ferrand sait nous passionner grâce à ses talents de conteur inspiré d’Alain Decaux et de Pierre Bellemare. Comme il le fait depuis des années dans « Au cœur de l’histoire », son rendez-vous quotidien sur Europe 1. Si les personnalités et les thèmes abordés nous sont cette fois davantage connus, les faits sont rassemblés dans une chronologie qui en améliore notre perception, et notre attention est attirée sur des aspects, des questions, auxquels nous n’avions pas songés.

 

C’est le grand mérite de ce type de documentaire commenté : celui de soulever des questions pertinentes, sans nous donner les réponses, mais en nous fournissant des indices pour les trouver nous mêmes. J’avais déjà les miennes sur les circonstances de la mort de Lady Di. Je ne les ai pas remises en cause. Mais sur la tentative d’assassinat contre Jean-Paul ll et sur la personnalité d’Anouar El Sadate, j’ai fait des découvertes intéressantes. Peut-être, si vous n’avez pas vu cette première livraison, serez-vous tenté à partir de ce que j’en dis de découvrir la suivante.

 

Pierre DERUBY

Libre Penseur

10/03/2016

N'oublie pas le cri des animaux LEGION D'HONNEUR A UN TYRAN

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM