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Tous des cons !

03/24/2016

Tous des cons !

...et toutes des connes ! - Auteur : Pierre DERUBY

Je venais d’achever la rédaction de mon double billet sur l’immortalité de l’Académie Française quand je suis tombé accidentellement en lecture sur un texte intitulé « autopsie de la connerie ». Bon prolongement, me suis-je dit. Car si quelques-uns voient la connerie défunte, nous sommes une multitude en revanche à la voir plutôt vivace, et précisément immortelle. Je dirais même plus, intemporelle, universelle, avec une tendance à l’expansion sur le long terme.

 

Sur l’intemporalité, inutile de préciser. Sur l’universalité, sachant qu’elle n’est pas une exclusivité de l’humanité (cf. par ex. âne, balai, valise, lune), nous nous en tiendrons quand même à son périmètre pour essayer d’être un peu raisonnable, quoique déjà ambitieux. Quant à l’expansion, nous la ressentons tous intuitivement, sans toutefois pouvoir la mesurer formellement. L’INSEE et la Commission Européenne qui étudient tout, n’ont rien publié sur le sujet, découragés probablement par l’ampleur de la tâche. Mais on peut se fier aux capacités d’analyste d’un Patrick Timsit qui nous disait (en 2008 déjà) : « Y'a de plus en plus de cons chaque année. Mais cette année, j'ai l'impression que ceux de l'année prochaine sont déjà là. »

 

Sur le sujet, chacun a son mot à dire. Indépendamment de notre entourage, nous sommes tous concernés. Nul n’y échappe. Dans son ambivalence, l’homo erectus fluctue en permanence sur l’axe qui va de l’imbécilité à l’intelligence, comme sur celui qui va de la gentillesse à la méchanceté.  

 

Le premier con que je vois chaque matin, c’est celui du reflet que me renvoie le miroir dans ma salle de bains. Nous sommes tous des cons, c’est irréfutable. Mais plus ou moins. De l’un à l’autre, les écarts peuvent être vertigineux, tant dans l’intensité que dans la fréquence d’apparition des symptômes de la pathologie. Retenons malgré tout que l’appréciation est forcément subjective, selon la conneritude de celui qui en juge. Qui que nous soyons, ne sommes-nous pas toujours le con de quelqu’un, ou d’une identité plus floue, comme le fisc ou la grande distribution : con-tribuable chez l’un, con-sommateur chez l’autre ?

 

La connerie humaine est multiforme. Ce qui fait que lorsque nous évoquons entre gens momentanément intelligents celle d’un tiers ponctuellement égaré dans d’autres sphères, nous nous sentons obligés d’en préciser la nature avec un qualificatif bien senti à l’appui.

 

C’est souvent de l’ordre physique, en passant d’un extrême à l’autre : il y a le petit con, et le grand con entre lesquels la nuance est bien perceptible. De même qu’il y a le jeune con et le vieux con. Par contre le gros con n’a pas son contraire. Serait-ce à dire que l’embonpoint prédispose davantage à la lourdeur d’esprit ? Faites comme vous voulez, moi je me surveille. Ne vous gaussez pas, Mesdames, vous êtes aussi dans le coup. Il y a la conne comme le con, et la connasse, comme le connard. Il y aussi le sale con et le pauvre con qui, eux non plus, comme le gros, n’ont pas leur opposé. Autrement dit, si vous êtes mince, propre sur vous, et plutôt argenté, vous êtes spontanément moins suspecté.

 

A propos de l’expression «casse toi, pauv’ con» restée gravée dans bien des mémoires, se mettre à dos les pauvres et les cons n’est pas – vu les masses concernées - très habile pour un politicien avide de suffrages. Regardez les sondages, vous verrez.

 

Le monde de la culture, pas en reste, s’est également emparé du phénomène. Brassens nous le dit et nous le répète : « Quand on est con, on est con », et « Le pluriel ne vaut rien à l’homme. Dès qu’on est plus de quatre, on est une bande de cons ». Il a raison, dans l’anonymat d’un groupe ou d’une foule, même les plus censés peuvent s’abandonner à la connerie. Passez en revue vos souvenirs, vous confirmerez rapidos. Toujours dans le registre musical Gainsbourg nous compose un « Requiem pour un con » jubilatoire. Et Vanessa Paradis nous interprète « La chanson des vieux cons ». Au cinoche aussi, nous nous régalons du « Dîner de cons » et, pour ceux qui le veulent, du « Roi des cons ». Audiard, magicien des mots, y va de sa prolixité : «  Quand on mettra les cons sur orbite, t’as pas fini de tourner », « Un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche », « Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait ». Bref, tout le monde s’y met, même les professions juridiques avec  leur « mur des cons » dont je ne suis pas un admirateur. Mais si ça les défoule, ces enrobés ...

 

Bref, la connerie c’est parfois marrant, mais plus souvent agaçant. Donc promis, quand nous en serons au temps des bonnes résolutions (cf tribune du 30/12/2015), je m’engagerai à essayer d’être moins con en 2017.

 

Mais d’abord, et paradoxalement enfin, soyons un peu sérieux en nous référant à l’étymologie. La scientifique et ancienne définition du con nous bluffe : « Région du corps féminin où aboutissent l'urètre et la vulve ». Ce qui nous a valu, évoquant la difficulté à trouver une pucelle en terre lensoise, la formule «  le con sert tôt en sol mineur ». Du coup, même dans les dictionnaires les plus sérieux, « déconner » voulait jadis dire se retirer. Quant à « enconner » qui ne se dit plus, sauf dans les ouvrages spécialisés que mes mains innocentes n’ont jamais feuilletés, je vous laisse deviner. Ceux qui n’y croient pas pourront partir à la découverte du « con d’Irène » de notre cher Aragon.

 

Comme quoi, connerie et poésie peuvent faire bon ménage. C’est tellement humain ! De la poésie passons, sans ambages, à la philosophie. Descartes au début de son Discours de la Méthode nous dit : «Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée». N’est-ce pas un peu démagogique ? Ne faudrait-il pas plutôt dire : « La connerie est la chose du monde la mieux partagée » ?

 

Pierre DERUBY

Libre - Penseur

25/03/2016

Quatre garçons... IMMORTELLE ACADEMIE FRANCAISE (2/2)

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM