Vous pouvez correspondre avec les auteurs des articles en complétant la rubrique "Commentaires" en bas de page

Quatre garçons...

03/29/2016

Quatre garçons...

...Entrés dans la légende - Auteur : Pierre DERUBY

Quarante six ans déjà que les Fabulous Four (ou Fab Four) ont mis un terme à leur courte, et pourtant si riche, carrière commune.

 

C’était le 2 avril 1970, une date que beaucoup de fans ont encadrée de noir dans leur agenda. Deux d’entre eux (des Fab, pas des fans) sont disparus depuis : John Lennon, en 1981, sous les balles du 38 Spécial de Mark Chapman, un exalté. Et George Harrison, emporté par un cancer en 2001. Il y a quelques semaines, George Martin, le producteur sans qui leur réussite n’aurait pas été la même, est allé les rejoindre, tournant une nouvelle page de la saga des quatre de Liverpool. Une saga tellement racontée que seule une sélection de faits moins connus associée à quelques éclairages nouveaux peut avoir un intérêt.

 

Je le dis très haut, à défaut de vouloir l’écrire très gras : les générations qui n’ont pas assisté à l’éclosion des Beatles sur la scène musicale ne peuvent imaginer l’ampleur du phénomène né de ce moment là. Jusque dans les années 1950, le constat était indiscutable autant que navrant : la jeunesse n’avait pas SA musique. Elle devait se contenter de celle des parents. Chez nous, Luis Mariano, Annie Cordy, Dario Moreno et consorts se disputaient les premières places des hits. Rendez-vous compte, il y a à peine plus de 50 ans ! Il en allait différemment aux USA où sévissait déjà le futur King Elvis Presley, et en Angleterre où les Shadows ne tardaient pas à sortir de l’ombre. Mais cela n’était encore que pâles braises comparé à l’éruption à venir.

 

Aux débuts des années 60, le rock débarque en France. Johnny Halliday, Eddy Mitchell, - d’abord avec ses Chaussettes Noires, puis en solo -, en sont les porte-drapeaux. Nos deux rusés pionniers se sont depuis quelque temps déjà procuré les 45 tours vinyle américains. Ils y ont puisé leur inspiration. En Italie, Adriano Celentano s’impose lui aussi dans le même registre. C’est le début de la vague yé-yé, annonciatrice de la déferlante Beatles qui nous arrive en 1962 avec l’indémodable « She loves you, yé-yé-yé », accompagné d’une série de titres qui d’emblée font tous un carton en Angleterre, puis dans toute l’Europe et le monde entier. J’ai encore en mémoire la première fois où j’ai vu John, George, Paul et Ringo à la télé - à une seule chaîne en noir et blanc -. Interprétant justement « She loves you », ils m’ont, ce jour là, entraîné au comble de la joie. Comme des millions d’autres jeunes, je me suis senti profondément touché par cette musique, ces voix, auxquelles je m’identifiai instantanément.

 

Des compositions simples (= accessibles) mais soignées. De belles mélodies rythmées ou plus lentes interprétées à quatre instruments : trois guitares - solo, accompagnement, basse - et une batterie. Des voix plaisantes sans excès de volume, ni d’aigus préjudiciables à nos tympans. Deux voix majeures, celles de John et de Paul, tantôt alternées, tantôt associées, et deux autres à un deuxième niveau, celles de George et Ringo, contribuant à la diversité de l’ensemble. De l’énergie, de l’optimisme, et du TALENT.

 

La recette prend d’autant plus facilement auprès de la jeunesse mondiale que nos quatre garçons ont un look original qui déclenche un vaste mouvement de mode nouvelle, et qu’ils sont très à l’aise en communication. En dehors de la scène, si les deux leaders continuent de s’exprimer davantage, les deux autres le font aussi. Et ce fonctionnement en quatuor où le collectif fait merveille, tout en laissant de la place aux individualités, fait mouche.

 

Décontraction et humour alternent avec des positions originales, avant-gardistes, sur les grands sujets du moment. Du coup, les non-anglicistes qui ne pouvaient apprécier que la musique, mais pas les textes de leurs vedettes, se voient - grâce aux synchronisations – ouvrir l’accès à leur âme. Leur adhésion en est renforcée. John Lennon est de loin le plus impertinent qui se permet d’interpeler (en 1964) le public de la Royal Command Performance dans lequel se trouve la reine en jetant : « Ceux qui occupent les places les moins chères peuvent applaudir, les autres, remuez seulement les bijoux ». Non contents de révolutionner la musique et la mode, les Beatles s’emploient donc aussi à bousculer l’Establishment. Ils le feront crescendo, avec quelques égarements.

 

Revenons-en à la scène. Leurs apparitions déclenchent une véritable hystérie. Les filles hurlent au point de couvrir leur musique. Au comble de leur extase, d’autres - ou les mêmes - s’évanouissent. La qualité des concerts en pâtit. Le point culminant est atteint lors de leurs tournées américaines en 1964. La Beatlemania bat son plein. Elvis n’est plus King en son pays. Quatre gamins de Liverpool lui ont subtilisé sa couronne. Ex n°1 mondial pour la vente de disques avec 350 millions d’exemplaires, il est - selon des données récentes - volatilisé par le cyclone scarabée qui déborde le milliard. Un chiffre inégalé depuis, et pour longtemps ( ?). 

 

Mais comme notoriété rime avec fragilité, il ne faut pas deux ans pour que les Beatles passent aux yeux des américains, du paradis à l’enfer. John, s’exprimant avec sa franchise habituelle, déclare à l’occasion d’une interview : « Nous (les Beatles) sommes plus populaires que Jésus ». La phrase, qui ne se veut pas insultante, est sortie de son contexte et du reste des propos qui l’expliquent par la presse conservatrice américaine, entrainant une polémique aux proportions du continent. Un boycott  général est lancé, un autodafé géant est organisé dans un stade où les ex-fans viennent brûler leurs disques. Le Klu Klux Klan émet des menaces de mort. La contagion s’étend à d’autres pays : Espagne, Hollande, Afrique du Sud où la vente de disques des Beatles est interdite. John, la mort dans l’âme, comprend qu’il doit s’excuser publiquement pour éteindre l’incendie. Il le fait avec son style direct : «  Je ne dis pas que nous sommes meilleurs, ou plus grands. Je ne nous compare pas à Jésus-Christ en tant que personne, ou à Dieu en tant qu'entité ou quoi qu'il soit. J'ai juste dit ce que j'ai dit et j'ai eu tort. Ou cela a été pris à tort. Je suis désolé d'avoir ouvert ma gueule ». C’est l’extinction des feux. La seconde tournée américaine de l’année 1966 aura donc lieu dans un climat de sérénité retrouvée, mais toujours sous ces hurlements qui polluent leur musique de plus en plus élaborée.

 

Les quatre sont écœurés et, dans ce contexte perturbant, des dissensions mesquines les opposent. Le 29 août 1966, ils donnent un concert à San Francisco qui sera leur dernier - excepté celui sur les toits d’Apple en 1969 -. Pendant un peu plus de trois ans encore, ils collaboreront ensemble, mais uniquement en studio. Grâce à ces quatre gamins issus de milieux modestes dans un petit pays - mais une grande nation - entouré par les eaux, les sixties auront été comme une île dans le siècle. Certes, ils n’étaient ni seuls, ni sans défauts. Une multitude d’autres groupes coexistaient à leurs côtés en Angleterre dont beaucoup se produisent encore. Mais je laisse à Mick Jagger le soin de dire les choses comme elles étaient : « Aujourd’hui, personne ne se rend plus compte de ce qu’ils représentaient à l’époque. Ils étaient tellement énormes que c’en était incroyable ! Hors-concours à tous les points de vue [.../...] ». La maison Omega Auctions vient de mettre en vente le 22 mars 2016, l'enregistrement qui a finalement convaincu George Martin de produire le groupe anglais. Le lot s'est envolé à 77 500 livres, soit près de 100 000 euros. Et Sir Paul Mac Cartney, toujours actif et créatif à 73 ans, continue de rassembler des foules immenses à chacun de ses concerts.

 

Les Beatles ont aujourd’hui des millions d’héritiers. La pop music et les autres mouvements musicaux qui ont marqué les dernières décennies du XXème siècle y ont tous puisé leurs sources. Mais plus que cela, grâce à leur musique, à leur comportement, et à leurs prises de position audacieuses, les Beatles ont donné durablement à la jeunesse une place qu’elle n’avait jamais eue dans nos sociétés. GOD SAVE THEM !

 

Pierre DERUBY

Libre penseur

30/03/2016

Les frères solaires vont bientôt remettre ça ! Tous des cons !

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM