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Les frères solaires vont bientôt remettre ça !

15/04/2016

Les frères solaires vont bientôt remettre ça !

Solar impulse les hommes - Auteur : Pierre DERUBY

Tandis qu’en juillet dernier le ciel de France s’illumine des fusées de la fête nationale, Solar Impulse, « l’avion de papier » parti le 9 mars 2015 d’Abu Dhabi pour un tour du monde, est depuis plus de 10 jours cloué au sol sur l’île d’Hawaï pour un long arrêt forcé. Motif : ses batteries ont été endommagées au cours de la 8ème étape (sur 13), longue de 7 200 kms, entre Nagoya (Japon) et Hawaï.                

 

A quelques jours de son prochain décollage prévu le 20 avril pour rallier, - dans un premier temps -, Phoenix aux U.S.A., un retour en arrière sur cette époustouflante odyssée intéressera peut-être ceux qui apprécient l’esprit de conquête, qu’elle soit spatiale, spéciale, ou - en l’occurrence - les deux.

 

De tous temps, des paris audacieux sont nés dans le cortex de certains de nos semblables, à qui - soit dit en passant - beaucoup aimeraient davantage ressembler. C’est dans celui de Bertrand Piccard, psychiatre et aéronaute suisse, que germe en 1999 l’idée de voler, de jour comme de nuit, dans un avion propulsé par la seule énergie solaire.

 

A l’époque, ce « savanturier » de 3ème génération (après Auguste, son grand-père, et Jacques, son père, dont je vous laisse rechercher les exploits si vous ne les connaissez pas déjà), vient d’achever le premier tour du monde en ballon sans escale avec son acolyte, Brian Jones. Heureux de sa performance, il l’est beaucoup moins d’avoir dû emporter et consommer 3.7 tonnes de carburant pour la réaliser. Et le voila qui rêve déjà d’un autre tour du monde, sans émission polluante, dans un aéroplane qui carbure au soleil.

 

Des premières réflexions sur le projet au premier vol d’essai du prototype S.I. 1, le 7 avril 2010, il faut onze ans d’un intense labeur collectif de conception, de construction, et de tests. Avec, sur cette période, une date clé : 2003, l’année de la rencontre avec André Borschberg, entrepreneur, ingénieur, pilote d’avion, chargé par l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne et par les premiers investisseurs, de conduire l’étude de faisabilité. Entre Bertrand et André, l’un et l’autre multi-compétents et complémentaires, nait très vite une grande complicité qui fédère autour d’eux une équipe de quelques 70 experts en toute discipline.

 

Six années supplémentaires seront nécessaires pour atteindre le Graal  - si tout va bien - : boucler un vol circulaire autour de la terre, d’une circonférence totale de 35 000 kms. A ce jour, l’objectif est atteint à moitié : 18 000 kms ont été parcourus en survolant l’Afrique, l’Asie, et une grande partie de l’océan Pacifique. Au cours de ce périple, l’avion a démontré sa capacité à voler de jour comme de nuit. Pendant la 8ème étape mentionnée plus haut, il est même resté dans les airs pendant 118 heures, soit 5 jours et 5 nuits, pulvérisant tous les records de la catégorie.


Certains diront que cette prouesse, aussi méritoire soit-elle, souffre quand même de sa comparaison avec les expéditions lunaires de la NASA réalisées au siècle dernier, ou avec celle annoncée avant la fin de celui-ci en direction de la planète rouge, ... Mars pour les non-intimes. Je me permets, par le canal de cette tribune, de leur opposer quelques arguments :

 

Au plan de la performance technologique. Solar Impulse 2 (S.I.) a quasiment l’envergure d’un Airbus A 380 (72 mètres) pour environ 1% de son poids. Ce rapport exceptionnel lui permet de décoller à moins de 50 km/h, de voler à près de 9 000 m à 100 km/h le jour, et de s’économiser à 1 500 m et 45 km/h la nuit. Ses 17 000 capteurs transforment la lumière du soleil en énergie stockée dans des batteries pouvant alimenter ses 4 moteurs sans interruption. Autrement dit, elles lui ouvrent la possibilité théorique d’un vol perpétuel. Certes dans des conditions idéales, car le bel oiseau se révèle vulnérable face aux fortes turbulences.

 

Au plan de la performance des pilotes. S.I. étant un monoplace, André et Bertrand prennent à tour de rôle les commandes au fil des étapes. Pas d’apesanteur pour eux, mais l’inconfort d’une cabine non pressurisée (à cause du poids) les obligeant à supporter en haute altitude des températures inférieures à - 10° et à porter un masque à oxygène dans les mêmes paliers. Sans parler de l’exigüité, des conditions d’hygiène, et de la nécessité de rester concentré durant un long, voire très long, laps de temps. En tenant le manche pendant 118 heures consécutives, ou presque, lors de la traversée du Pacifique, André Borschberg a réalisé un exploit hors du commun. A 63 ans, il a su au prix d’une incroyable préparation physique basée sur le yoga et l’hypnose, calibrer son temps de repos sur des séquences de 20 minutes ... Avant qu’une panne du pilote automatique l’oblige à devoir rester éveillé jusqu’à l’atterrissage (!).

 

Au plan du travail d’équipe. Pour le tour du monde, l’effectif mobilisé est monté à 130 personnes. Une moitié en accompagnement des deux pilotes tout au long de leur périple, l’autre au centre de contrôle au sol de l’opération à Monaco. Hommes, femmes, jeunes ou plus âgés, venus d’horizons divers, tous savent exactement ce qu’ils ont à faire et le font dans un total esprit de solidarité. Au Japon, ils seront plusieurs à tenir leur protégé à bout de bras la nuit, pendant des heures, face à des vents violents, avant qu’un hangar gonflable de protection ne soit installé. Ailleurs, des ingénieurs de l’équipe sauront convaincre le tandem dirigeant de différer de plusieurs semaines un départ d’étape, faute d’une sécurité météo suffisante.

 

Au plan des perspectives ouvertes. Je laisse sur ce dernier aspect la parole à Bertrand Piccard, dont le pouvoir de conviction éprouvé en de multiples instances internationales, du Conseil de l’Europe aux Nations Unies, en passant par la COP 21 de Paris, n’est pas la moindre des qualités : « Nous voulons partager notre vision d'un avenir propre. Le changement climatique offre une fantastique opportunité pour apporter sur le marché de nouvelles technologies vertes qui aideront à préserver les ressources naturelles de notre planète, créer des emplois, et soutenir la croissance économique ». D’autres ont déjà prononcé ce genre de discours. Lui a le mérite de l’appuyer sur une démonstration de haute volée !

 

Ne doutons pas que cette expérience ait d’ores et déjà ouvert un nouveau cycle vertueux pour l’aéronautique de demain. Comme pour nombre d’autres secteurs économiques. Les grandes firmes industrielles ou tertiaires, partenaires du projet (Bayer, Altran, Solvay, Oméga, Deutsche Bank pour n’en citer que quelques-unes) ne s’y sont pas trompées. Ce n’est pas tout : d’autres initiatives naissent déjà dans le sillage de S.I. Comme celle de cet avion taxi de 4 places propulsé par une pile à hydrogène, conçu par le centre allemand de recherche aérospatiale (DLR), dont le 1er vol est planifié à l’été 2016.

 

Existe-t-il encore aujourd’hui des êtres exceptionnels dont la vision humaniste et planétaire guide l’essentiel de leurs actes ? Si oui, Bertrand Piccard et André Borschberg doivent être de ceux-là.

 

Pierre DERUBY

Libre Penseur

15/04/2016

L'Europe... Quatre garçons...

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM