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L'Europe...

01/05/2016

L'Europe...

...A-t'elle encore un avenir ? Auteur : Pierre DERUBY

L’Europe a-t-elle encore un avenir ?

La question n’est pas nouvelle, mais l’accumulation des périls qui pèsent sur elle la pose aujourd’hui avec une pertinence renforcée : crise grecque, crise des migrants, risque du Brexit, exacerbation du radicalisme, poussée des nationalismes (appelés patriotismes par leurs promoteurs pour les rendre plus acceptables), ... La liste est longue de ces dangers qui, pris un à un, pourraient conduire à l’effondrement de l’édifice européen.

 

Il est commode de le dire, mais tout aussi naturel de le constater : face à chacune de ces menaces, nos dirigeants n’ont pas été à la hauteur. Sans doute ne sont-ils pas de la trempe de ceux qui, dans le difficile contexte de l’après-guerre, ont été les pères fondateurs d’une construction alors marquée du sceau de l’unité et de la prospérité : Konrad Adenauer, Jean Monnet, Robert Schuman, et quelques autres moins connus. Aux intérêts convergents défendus par d’authentiques hommes d’Etat ont succédé des égoïsmes nationaux portés par des représentants davantage animés d’ambitions personnelles. Avec l’acquiescement tacite des peuples - dont nous sommes - qui n’ont pas trouvé, sur ce sujet, matière à se mobiliser pour défendre une autre vision.

 

Malgré les lâchetés observées et en dépit du mal-être européen croissant, nous pouvons croire que les solidarités l’emporteront. Convenons toutefois que le cap aurait été plus aisément franchi si les vertus de la construction européenne avaient été mieux reconnues, défendues, et enseignées aux générations d’après les années 1960. Alors qu’au contraire, ce sont ses défauts qui ont été mis en exergue par des gouvernants à la recherche de boucs-émissaires pour détourner l’attention de leurs propres insuffisances.

 

Qu’ont fait les dirigeants ?

 

Ils se sont davantage employés à élargir la C.E.E. qu’à la consolider. De 6 en 1958, elle est passée à 28 membres en 2007, accélérant l’allure depuis 2004 avec 13 nouvelles adhésions. Les français et leurs voisins ont-ils été interrogés sur cette question simple de l’élargissement ? Oui, en 1972, mais plus depuis. Ils l’ont par contre été sur des textes complexes auxquels ils n’entendaient rien, ou si peu. Comme le traité de Maastricht en 1992. Consultation aboutissant à une très étroite victoire du OUI. Puis en 2005, sur le projet de nouvelle constitution européenne, donnant lieu à un cuisant désaveu. Ce rejet, imité quelques jours plus tard par les Pays-Bas, a semé le trouble jusqu’en 2008 où le mini-traité de Lisbonne ratifié à Versailles, a permis de sortir de l’impasse.

Ils ont nommé aux postes clés des personnalités totalement inconnues du grand public,  non charismatiques, et donc peu susceptibles de s’opposer à eux.

 

Ils ont créé un Parlement de notables dont ceux qui les élisent cernent moins les actions concrètes que leur nombre impressionnant (750) et le niveau très confortable de leur rémunération.

Ils ont laissé les fonctionnaires de la Communauté s’égarer sur des réglementations dérisoires, tatillonnes, et même intrusives dans nos vies privées, sans se priver de les critiquer.

 

Ils ont négligé de fixer des grandes directives d’harmonisation sur des sujets sérieux comme la fiscalité, la défense, la diplomatie, la sécurité, y compris routière. Que 60 ans après l’acte fondateur, nos pays conservent leurs propres limitations de vitesse n’est-il pas aberrant ? Que nos cartes d’identité prorogées automatiquement à 15 ans en 2014 soient acceptées par la Turquie et la Suisse quand elles ne le sont pas par l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie, et d’autres partenaires encore, ne l’est-il pas tout autant ?

Je pourrais continuer, mais il n’est pas nécessaire de poursuivre le réquisitoire.

 

Voyons plutôt ce que nos dirigeants auraient pu faire.

 

Donner de l’Europe une image positive en mettant l’accent sur la fraternisation et la coopération. Faut-il avoir la mémoire courte pour ne pas valoriser le bonheur de vivre en paix à l’intérieur de notre Communauté, alors que tant de nos aînés ont été victimes de trois conflits franco-allemands sur un intervalle de soixante dix ans ? Faut-il être tout autant amnésique pour oublier les désordres économiques qu’entraînaient, avant l’euro, les dévaluations compétitives répétées de pays comme l’Italie ou l’Espagne ?

 

A une Europe considérée comme distante, il faut savoir donner de la proximité, en la rapprochant des individus avec des symboles forts, aisément perceptibles par tout un chacun. Qui connait l’hymne européen, la belle  Ode à la joie  de Beethoven ? En quelles circonstances l’entendons-nous ?

 

Ce pourrait être le cas lors des manifestations sportives internationales, comme les jeux olympiques, où il serait bon aussi de totaliser les médailles européennes (quitte à donner des sous-totaux par pays) pour cultiver la fierté d’appartenance. C’est d’ailleurs aussi une question d’équilibre, car que pèsent nos petits pays isolés face à la démographie des U.S.A., de la Chine, de la Russie ? Faites le compte sur les dernières éditions, vous serez édifiés sur ce à côté de quoi nous passons.

 

Qui – encore - sait que le 9 mai est la Journée de l’Europe ? A force de dédier des journées à tout et n’importe quoi, celles qui ont du sens passent inaperçues. Et pourtant, il y aurait de quoi faire en échanges inter-pays, en  défilés, en rassemblements culturels et festifs, le tout abondamment médiatisé.

 

En parallèle de ces actions de séduction, il faut aussi du travail sérieux. Quelle est aujourd’hui la stratégie à moyen et long terme de la C.E.E. ? En a-t-elle seulement une alors que le Conseil Européen est réuni quatre fois par an ? En apparence au moins, l’Europe actuelle semble n’agir qu’au coup par coup. Et elle agit mal,  emprisonnée dans la lourdeur de son processus de décision. Quant à sa communication ...

 

Au lieu de nous compliquer la vie, une de ses missions fondamentales devrait être de nous la simplifier, en assouplissant les procédures, en les harmonisant sur la base des meilleures recettes observées ici et là.

 

Finalement, je réponds OUI à la question initiale, car, malgré ses défauts, j’aime trop notre Europe pour imaginer son trépas.  Et vous ?

 

Pierre DERUBY

Libre penseur

02/05/2016                                  

Loi du nombre mensongère Les frères solaires vont bientôt remettre ça !

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM