Vous pouvez correspondre avec les auteurs des articles en complétant la rubrique "Commentaires" en bas de page

LE TOUR EST JOUE....

07/30/2016

LE TOUR EST JOUE....

...Merci les acteurs ! - Auteur : Pierre DERUBY

A quelques jours du dénouement du Tour de France 2016, les images des moments forts sont encore bien présentes dans les mémoires. Pour ceux du moins qui s’intéressent à la chose.

 

S’il fallait n’en retenir qu’une, ce serait celle du grand Chris Froome (1,85 m) vêtu et casqué de jaune, courant à pied sur les pentes du Mont Ventoux après l’accident qui l’a projeté au sol.

 

A la veille de cette étape, la 12ème, il est leader pour avoir déjà attaqué plusieurs fois depuis le début de l’épreuve. Presque vainement cependant, car il n’est pas parvenu à creuser des écarts importants sur ses rivaux. Ils sont six, en effet, à le suivre au classement général dans la même minute. L’occasion est donc belle, pour un grimpeur de son espèce, de profiter des forts pourcentages de la montée par Bédoin pour accroître son avantage.

 

Certes, l’ascension a été réduite de 6 kms la veille par les organisateurs en raison des conditions météo difficiles annoncées sur le Mont Chauve. Mais les  9.7 kms qui mènent au Chalet Reynard restent suffisants pour « faire le ménage ».

 

L’étape est courue à vive allure. Dans la descente du col des Trois Termes, à 39 kms du but, l’australien Simon Gerrrans, en tête du « groupe Maillot Jaune », part à la faute dans un virage. Il entraine dans sa cabriole trois coéquipiers de Froome qui, lui-même, évite la chute de justesse. Prenant le risque de se faire distancer par ceux qui l’accompagnent, le « patron » s’arrête, remonte la pente vers ses potes et les ramène dans son sillage à l’avant du peloton. Juste retour des choses envers ceux qui se dévouent sans compter pour lui. Certes, mais beau geste quand même (altruiste ou calculé ?) de la part d’un coureur de son statut. Geste apprécié à sa juste valeur, en tout cas, par ses adversaires qui ont la délicatesse de ne pas en profiter.

 

A 3.5 kms du sommet, alors que ses équipiers lui ont préparé le terrain, Chris lance l’offensive. Seul Richie Porte (à 2’22’’ au général), parvient à prendre sa roue, rejoint un peu plus tard par Bauke Mollema (à 56’’ seulement au général). Les trois hommes se relaient parfaitement. Unissant leurs efforts, ils prennent rapidement plus de 30 secondes au groupe des autres favoris. Un cameraman TV filme la scène à l’arrière d’une moto ouvrant la voie devant les coureurs. A un peu plus d’un kilomètre de l’arrivée, le pilote, gêné par l’inconduite de plusieurs spectateurs, est obligé de piler. Porte, Froome et Mollema qui le suivent à quelques mètres dans cet ordre, ne peuvent l’éviter. Ils tombent  l’un sur l’autre, crevant soudainement l’écran de nos téléviseurs. Une seconde moto arrive. Elle brise le cadre du vélo du leader.

 

Mollema se relève et repart aussitôt. Porte l’imite quelques secondes plus tard. Froome, quant à lui, constate que son vélo est H.S. Il est à pied. Dans cet étroit goulot surpeuplé, il ne peut être dépanné. La voiture de son directeur sportif est loin derrière.

 

Là où tant d’autres auraient cédé à l’affolement ou à la colère, il garde son calme. Déconcertant, il prend soin de relever son vélo cassé et de le déposer sur le bas côté, pour laisser la voie libre aux autres coureurs.

 

Puis il se met à courir pour maintenir un rythme cardiaque élevé et atteindre une zone plus propice au dépannage. Les secondes s’égrènent. Il voit passer le groupe des autres favoris. Ceux qu’il avait distancés le distancent désormais. Une voiture neutre arrive. Un mécano met un vélo à sa disposition. L’homme en jaune l’enfourche pour s’arrêter presque aussitôt, car la monture n’est pas à sa taille, et les pédales ne sont pas adaptées à ses chaussures. Il continue de perdre du temps. De perdre le Tour, pense-t-il peut-être en cet instant, sans pourtant manifester le moindre signe d’agacement. La voiture de son équipe (Sky) arrive enfin. La course reprend son cours normal. Chris peut terminer l’étape avec un vélo à ses mesures. Il franchit la ligne d’arrivée, secouant la tête de dépit, avec près de deux minutes de retard sur ses rivaux.

 

Une heure plus tard, les quinze commissaires de l’U.C.I. (Union Cycliste Internationale) réunis considèrent que les circonstances exceptionnelles de l’incident (*) justifient de prendre une décision elle aussi exceptionnelle. Chris Froome et Richie Porte sont crédités du même temps que Bauke Mollema, le premier des trois accidentés à avoir franchi la ligne. Décision saluée non seulement par les deux bénéficiaires, mais aussi par la quasi totalité du peloton. Adam Yates, nouveau leader éphémère avant le reclassement de Froome, déclare approuver le choix des commissaires. Il n’aurait pas voulu d’un maillot acquis dans ces conditions. Comme quoi, l’esprit sportif règne plus chez les compétiteurs que chez les commentateurs (j’y reviendrai) ou dans le public dont une partie croit bon de siffler Chris Froome quand il monte sur le podium.

 

Tout cela est anecdotique me direz-vous. Soit, mais il y a dans l’événement et ses suites matière à réflexion.

Que faut-il privilégier ? La défense de la morale sportive en gardant la possibilité d’apprécier les « faits de course » au cas par cas, ou l’application stricte d’un règlement censé avoir tout prévu ? Les commentateurs des chaines diffusant le Tour étaient partagés entre ces deux options en attendant la décision des commissaires. Les tenants de la seconde imaginent-ils ce que pourrait donner la transposition de leur raisonnement dans la vie courante ?

 

Malgré les indiscutables progrès accomplis dans les contrôles anti-dopage et la saine évolution des pratiques de la très grande majorité des coureurs, le sport cycliste reste encore entaché dans l’esprit de beaucoup. Les réactions hostiles du public et de certains journalistes viennent de là. Quand Chris Froome attaque en montagne, sa fréquence de pédalage ressemble à celle de Lance Armstrong. Donc ...

 

Les détracteurs ont-ils entendu parler du suivi longitudinal qui compare les taux d’hématocrite et les puissances développées tout au long de la saison ? Savent-ils que les cyclistes doivent signaler tous leurs déplacements privés pour pouvoir être contrôlés inopinément partout où ils se trouvent, même la nuit ? Avec cet arsenal de mesures, il y a encore des tricheurs, mais beaucoup moins qu’à l’ère de l’américain. Pourquoi gâcher le plaisir de vivre de belles émotions par une suspicion permanente sans justification ?

 

Il y a au travers du feuilleton que cette corporation nous livre chaque année en juillet, bien des valeurs positives dont nous aurions avantage à nous inspirer. Gageons que dans quelques jours à Rio, des exemples similaires nous seront donnés ... dans une dimension cette fois pluridisciplinaire mais réduite à son instantanéité.

(*) et notamment le fait qu’en raison du changement précipité de parcours, il n’y avait pas de barrières à cet endroit. 

 

Pierre DERUBY

Libre penseur 

28 juillet 2016

La revanche de Rio Brexit ou pas Brexit

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM