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Au revoir Rio...

08/28/2016

Au revoir Rio...

... Bonjour Tokyo - Auteur : Pierre DERUBY

Depuis que la flamme olympique s’est éteinte à Rio, plusieurs bilans de la manifestation nous ont été proposés. Tout, pourtant, n’a pas été dit sur le sujet.

 

Quelques chiffres d’abord

 

Le palmarès des nations participantes fait ressortir que 87 d’entre elles ont obtenu au moins une médaille au cours de la quinzaine. A contrario, les 120 autres - elles étaient 207 engagées - sont rentrées bredouilles. Frustrant ? Moins sans doute pour le Burkina Faso ou les Iles Salomon représentés par un seul athlète, que pour le Chili et l’Equateur qui en avaient dépêché 42 et 38. Au-delà de ce constat, il n’est pas surprenant d’observer que les niveaux sont très hétérogènes, et que l’essentiel se joue entre les 50 premières nations classées : 907 médailles sur les 974 attribuées. Pour les autres, c’est peu ou prou de la simple figuration.

 

La logique voudrait qu’il y ait une certaine corrélation entre la population de chaque pays, l’importance de sa délégation, et ses résultats. Si c’est souvent le cas, il y a aussi de nombreux contre-exemples. Le plus flagrant est celui de l’Inde : 1,330 milliard d’âmes (le 2ème pays le plus peuplé au monde), 120 représentants (sur 11 400 participants), 2 médailles (1 argent, 1 bronze), 67ème rang. (Au passage, le fait que les  deux médailles aient été remportées par des femmes est un beau pied de nez à cette société encore marquée par son sexisme et son patriarcat). Pour faire bonne mesure, citons le cas de la Croatie : 4,3 millions d’habitants, 86 représentants, 10 médailles (5 or, 3 argent, 2 bronze), 17ème rang.

 

C’est clair : les peuples n’ont pas tous la même appétence pour le sport ... ni les Etats, les mêmes moyens à lui consacrer.

 

Tel qu’il existe le classement est profondément injuste dans son principe. Seules les victoires comptent, puisque la hiérarchie est établie sur la base du nombre de médailles d’or. Celui des médailles d’argent et de bronze ne sert qu’à départager les ex-æquo en or. A titre d’exemple, le Canada se retrouve au 20ème rang, avec 22 médailles (4 or, 3 argent, 15 bronze), précédé notamment par Cuba qui a deux fois moins de médailles, mais une de plus en or  (5 or, 2 argent, 4 bronze). Appliquer une pondération simple du type : bronze = 1, argent = 2, or = 3, aurait le mérite d’accorder une reconnaissance à l’ensemble du podium et d’aboutir à un palmarès plus équitable. Au passage, La France (7ème en 2016) y gagnerait un rang au détriment du Japon, tandis que la Nouvelle-Zélande (19ème) en gagnerait cinq.


La France « officielle » qui se gargarise d’avoir battu son record en nombre total de médailles : 42 (dont 10 en or), contre 41 à Pékin en 2008, semble se positionner à peu près dans cette logique. Elle oublie, pour les jeux d’après guerre, ses 15 médailles d’or glanées à Atlanta en 1996, les 13 de Sydney en 2000, et les 11 d’Athènes en 2004 et Londres en 2012. Et plus loin dans sa mémoire, elle oublie encore les Jeux de 1900 remportés dans sa propre capitale avec 91 médailles (27 or, 37 argent, 27 bronze). C’était, il est vrai, une autre époque, avec 24 nations participantes en tout et pour tout.

 

Quelques mots pour compléter

 

L’approche des Jeux Olympiques se fait rarement dans la sérénité. Ici ou là, il est toujours question de menaces, de risques, réels ou illusoires. Rio n’a pas échappé à la règle.

 

Non convié à l’événement, l’Etat Islamique - dont on ne sait si ses ressortissants pratiquent d’autres sports que le tir -, aurait pu chercher à s’y manifester à sa manière. Le Général Gomart, patron de la Direction Française du Renseignement Militaire, avait d’ailleurs révélé fortuitement qu’un projet d’attentat contre la délégation française émanant d’un ressortissant brésilien lié à l’organisation terroriste, avait été déjoué. Finalement, le soulagement a été grand, partout, de constater que les forces brésiliennes sont parvenues à sécuriser l’épreuve. Le souvenir des onze participants israéliens assassinés à Munich en 1972 nous fait encore froid dans le dos.

 

Viendront, viendront pas ? La question est restée longtemps en suspens concernant les sportifs russes. Tout ça parce que plusieurs rapports ont mis en lumière l’existence, chez les buveurs de vodka, d’un dopage d’état assorti de l’escamotage de quelques centaines d’échantillons positifs. Avouez tout de même ...


En définitive, le C.I.O. a laissé la porte ouverte aux représentants « non suspects ». Du coup, la délégation Popov forte de 436 membres à Londres en 2012, n’en comportait plus que 271 à Rio. Des J.O. sans les russes, vous n’y pensez pas.

 

Quelques semaines avant la cérémonie d’ouverture, un collectif d’experts médicaux avait demandé l’annulation de l’événement en raison du risque de contamination internationale lié au virus Zika. Leur appel a été peu entendu. Trop peu en tout cas pour qu’il soit suivi. N’empêche, les golfeurs au palmarès le plus prestigieux, invités pour la première fois depuis plus d’un siècle à concourir sur un parcours olympique, ont vu là un alibi en or pour laisser à d’autres le soin de se battre pour la pauvre breloque du même métal.

 

Bref, passons sur le sujet des risques pressentis bien qu’il ne soit pas épuisé. Le golf n’a pas été le seul sport introduit en 2016. Le rugby à 7 a lui aussi fait son entrée au pays du carnaval. Une chance pour les îles Fidji qui ont saisi l’opportunité de s’emparer de la médaille d’or, la seule médaille pour eux sur cette édition, avec leur équipe masculine.

 

Sur le plan économique, ces J.O. sont-ils un succès ? C’est trop tôt pour apprécier les retombées dont le pays organisateur bénéficiera. Mais une chose est sûre, tout va bien pour les finances du C.I.O. Avec la création lors des J.O. de Rome, en 1960, des droits de retransmission télévisuelle, il s’est offert une poule qui pond à chaque édition des œufs d’or de plus en plus gros. Et nous ne parlons pas des sponsors et des « partenaires officiels » qui doublent, ou à peu près, la collecte.

 

L’esprit olympique est-il toujours là ? Pas sûr que le célèbre baron français validerait. Souvenons-nous qu’il avait dit précisément : « Le plus important aux Jeux olympiques n'est pas de gagner mais de participer, car l'important dans la vie ce n'est point le triomphe mais le combat. L'essentiel, ce n'est pas d'avoir vaincu, mais de s'être bien battu ».

A vous de juger. A moins que vous ne préfériez attendre Tokyo en 2020 pour vous prononcer.

 

Pierre DERUBY

Libre Penseur

Les rats quittent le navire Eloge de la pudeur

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM