Vous pouvez correspondre avec les auteurs des articles en complétant la rubrique "Commentaires" en bas de page

Lettre ouverte à un ancien président de la République...

15/09/2016

Lettre ouverte à un ancien président de la République...

...qui ne le sera plus ! - Auteur : Pierre DERUBY 

Monsieur Sarkozy,


Nombreux sont ceux qui, après vous avoir soutenu en 2007, se sont éloignés de vous dès avant la fin de votre quinquennat. Sans surprise, hormis peut-être la vôtre (?), l’ampleur de cette désaffection s’est traduite de la façon la plus claire dans le résultat de l’élection présidentielle de 2012. Vous aviez su, au soir de cette défaite, en tirer publiquement les leçons avec élégance. Moyennant quoi, votre départ ne manquait pas de panache, d’autant que vous n’aviez, pas plus que vos prédécesseurs depuis 1974, à rougir du bilan de votre action à la tête du pays.

Partisans ou opposants, les français avaient compris, ce jour là, que vous preniez de la distance avec le monde politique. Et que si d’aventure, un autre jour, vous deviez y revenir, ce ne serait plus pour briguer la même fonction. Dans leur grande majorité, les uns et les autres avaient apprécié cette décision qui, si elle avait été suivie d’effet, vous aurez installé durablement dans une sorte de noble postérité.

 

L’avez-vous compris ?


Probablement. Mais votre ambition, l’incurie de votre successeur, et la certitude que votre volontarisme peut tout bousculer, l’ont emporté sur votre raison.

 

Vous avez eu tort.


Ceux qui vous étaient hostiles n’ont pas changé et ne changeront pas d’avis à votre sujet. Ou alors dans des proportions infimes.


En revanche, nombre de ceux qui vous étaient favorables ne le sont plus et ne le redeviendront pas. Vous les avez déçus. Ils considèrent que vous avez échoué parce qu’il y a eu décalage entre vos engagements et vos actes. Partant de là, ils ne sont pas disposés à vous donner une seconde chance. Par un raisonnement simple, ils ne voient pas pourquoi vous réussiriez demain ce que vous avez manqué hier.


Non seulement vous leur avez démontré que l’enthousiasme et la détermination ne suffisent pas à obtenir des résultats, mais vous leur avez révélé la palette de vos irrémédiables défauts :

 

Un manque de recul gravement préjudiciable. Entrainé en permanence dans une surexposition médiatique, la part de votre emploi du temps consacrée à la réflexion était fatalement réduite quand elle aurait dû être la plus importante. D’où un cruel manque de profondeur et de cohérence dans votre stratégie. Ajoutons que votre incorrigible fébrilité vous positionnait loin des nécessités de votre tâche et de celui auquel vous aimiez vous référer.


Une excessive centralisation des pouvoirs entre vos mains. C’est le corollaire de l’alinéa précédent. Soucieux de votre image à l’extrême, vous vouliez à la fois apparaître comme celui qui conçoit la politique à conduire et comme celui qui la mène. Votre gouvernement n’était-il pas capable d’assumer cette seconde mission qui, selon nos institutions, lui revenait ? Toutes les entreprises ont compris à quel point il est nécessaire de solliciter les compétences internes et de les faire travailler en complémentarité pour réussir. Apparemment pas vous.

 

Un pitoyable esprit de revanche. Comment interpréter autrement votre retour ? Votre défaite face à un adversaire que vous sous-estimiez vous a meurtri, humilié. Ce ne sont pas là des sentiments propices à la conduite sereine des affaires d’un pays.

 

Un manquement à l’éthique. Nul ne sait encore si vous êtes coupable ou non de tout ou partie des faits qui vous sont judiciairement reprochés. Mais le nombre de ces affaires et la suspicion qui les entoure auraient dû vous conduire à rester en retrait. Comment ne pas se demander si ce n’est pas aussi l’immunité que vous recherchez au travers d’une nouvelle élection ?

 

En dépit de tout cela, je vous crois sincère quand vous déclarez l’amour que vous portez à votre pays. A notre pays. Et quand vous affirmez vouloir le redresser, quand nul ne sait encore de quel côté il pourrait tomber. Mais c’est de peu de poids face à tout ce qui a été dit précédemment.

 

Vous avez l’arrogance de croire que vous seul pouvez accomplir cette performance. Vous devriez avoir l’humilité d’admettre qu’il y a d’autres personnalités dans votre camp en lesquelles les militants et sympathisants peuvent espérer et croire davantage.

 

Je prends donc le pari que vous allez perdre la primaire, en espérant que vous apporterez un soutien loyal à celui par lequel les électeurs vous auront infligé ce nouveau camouflet.

 

Ensuite, il adviendra ce qu’il adviendra, mais vous pouvez au passage y reconquérir de la dignité.

 

De toute façon, la plupart de ceux qui votent encore sont désormais sans illusion. Notre constitution n’est plus adaptée aux besoins de l’époque. Elle laisse trop de latitude à l’ensemble d’une classe politique sur-rétribuée, surabondante, et largement absente des palais qui l’abritent. Une classe politique qui demande tout au peuple sans rien s’imposer à elle-même. Parce qu’elle considère que la légitimité acquise lors d’une élection l’exonère de toute justification. L’abolition des privilèges, plus de deux siècles après que tant de vies lui ont été sacrifiées, reste un vœu pieu. Droite, gauche, centre, extrêmes, vous surfez tous sur ces aberrations. Il est temps d’y mettre un terme en donnant à cette démocratie qui nous est chère un caractère plus participatif.

 

Avec toute ma considération.

 

Pierre DERUBY  

Libre penseur                                           

Eternel Van Rijn ... Macron/Hollande...

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM