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Robot humanoïde : serviteur, compagnon, rival ?

10/26/2016

Robot humanoïde : serviteur, compagnon, rival ?

La robolution est pour bientôt ! - Auteur : Pierre DERUBY

Je me souviens qu’étant enfant (1), quelques futurologues soucieux de nous transmettre leur vision d’un avenir, pour eux post-mortem, nous promettaient pour l’an 2000 un foyer peuplé de robot. Qu’on se le dise, le mot peuplé n’est pas ici utilisé par inadvertance car, dans leur prophétie, nos experts ne songeaient ni au robot-marie, ni au robot-jeannette, qui occupaient déjà nos armoires. Non, ils rêvaient bel et bien d’un robot dont la forme approcherait celle de l’humain. C’est aussi pourquoi le mot robot, associé à ce participe passé évoquant pourtant la multitude, est paradoxalement conjugué au singulier. Sinon, gare à l’envahissement !


En ces temps où notre société était encore gravement machiste, certains avaient poussé l’audace jusqu’à voir en ce futur nouveau venu le libérateur de la femme au foyer. Grâce à lui, adieu linge, vaisselle, balai. La ménagère allait pouvoir s’émanciper en s’adonnant à des tâches plus en relation avec son potentiel jusque là sous-employé. Fort heureusement, elle ne l’a pas attendu.

 

Seize années après le terme annoncé, quelqu’un a-t-il vu un habitant de ce type dans son entourage ? Pas moi, et probablement pas vous. De là à penser que nos regrettés prévisionnistes avaient fumé la moquette, il n’y a qu’un pas. Mais soyons indulgents. Ils n’ont péché que par excès d’anticipation. La ROBOLUTION est en marche, et plus rien ne l’arrêtera.

 

Nous avons déjà tous été confrontés à une forme d’intelligence superficielle, ... chez certains de nos contemporains. Cette fois, nous allons l’être, et de plus en plus, à l’intelligence artificielle et même émotionnelle de similis clones dénués de chair et de sang. Car depuis plus d’une décennie, dans l’ombre de cliniques particulières, des générations de ces humanoïdes, ou androïdes, voient le jour. 

 

Avant eux, les premiers spécimens, dont le physique n’était pas de nature à susciter notre jalousie, avaient progressivement occupé les usines. D’autres, moins effrayants, étaient ensuite arrivés, dans les secteurs des services, de l’agriculture, de la sécurité (robot démineur par ex.). Pour aider ou soulager l’homme dans l’accomplissement de certaines tâches, allant, à l’extrême, jusqu’à le chasser de certains emplois.

 

Une menace prise au sérieux. Aujourd’hui, un salarié français sur quatre craint d’être remplacé par un robot. Notons qu’en la matière, nos compatriotes ne sont pas les plus pessimistes. Le même taux atteint 30% aux USA, 58% en Chine, et 69% en Inde. A rebours de ce sentiment, les pays les plus robotisés, comme l'Allemagne, le Japon, ou la Corée du Sud, sont au plein-emploi. Preuve que les robots ne sont pas forcément les ennemis du travail de l’homme. Et puis, n’en doutons pas, un gigantesque marché va s’ouvrir, comme hier ceux de la téléphonie et de l’internet, qui devrait favoriser des reconversions en masse.  

 

Mais laissons là cette question, au moins temporairement. Cette fois, c’est la porte de nos foyers que les robots s’apprêtent à franchir, après celle de notre imagination (souvenons-nous : il y a 40 ans, le R2-D2 de Starwars). Pour y tenir quel rôle : serviteurs, compagnons,... ? Avec, ou pas, le risque qu’à force de prendre davantage de place, ils deviennent des rivaux ?

 

Serviteurs et compagnons, ça ne fait aucun doute. Les expérimentations en cours l’ont montré. Notamment grâce à une firme d’origine française, leader mondial sur ce créneau (devant Honda, Toyota, Boston Dynamics, etc ...) . Hélas, cette société, Aldebaran Robotiks, créée en 2005 par Bruno Maisonnier, est passée en 2014 sous le contrôle de la banque japonaise Softbank, prenant la dénomination de Softbank Robotiks. Faute d’investisseurs en France, les futurs fleurons de notre industrie, capables d’occuper les premiers rangs mondiaux, doivent aller chercher ailleurs les moyens de leur croissance (!).

 

Aldebaran a créé trois robots humanoïdes qui ont d’ores et déjà fait leurs preuves : Nao, Pepper, et Roméo.

 

Nao peut rendre des services divers dans nos foyers : gardien de domicile (capable de contacter seul le propriétaire si nécessaire), professeur de langues, compagnon de jeux pour les enfants, ... Il a démontré des capacités exceptionnelles dans l’aide au développement de jeunes autistes. A contrario des humains, jamais il ne juge ni ne s’énerve, même s’il doit répéter X fois les mêmes choses. En outre, sa taille : 58 cm, n’impressionne pas, y compris les plus petits. A l’autre bout du spectre générationnel, Nao rappelle aux personnes âgées qu’elles doivent prendre leurs remèdes et leur apporte.

 

Mais, avant toute chose, Nao, comme ses frère et sœur, et comme nos Smartphones, a besoin de s’alimenter en applications pour donner sa pleine mesure. C’est un deuxième niveau de marché sur lequel les perspectives sont énormes. Des milliers de programmateurs y travaillent dans les pays les plus avancés, stimulés par des concours ou des compétitions. Place à l’imagination !

 

Pepper est un androïde féminisé qui, du haut de son 1.21 m, est capable de percevoir les émotions des humains et d’adapter son attitude en conséquence. C’est un robot empathique, bienveillant, utilisé dans plusieurs entreprises commerciales pour renseigner la clientèle, l’orienter, la questionner, en lui parlant dans sa langue. Au Japon, plusieurs réseaux bancaires et d’autres entreprises comme Nestlé l’ont intégré dans leur organisation. En France, la SNCF et Carrefour l’expérimentent sur plusieurs sites depuis quelques mois. Au Japon encore, Pepper a entamé son entrée dans les foyers. L’engouement est fort. C’est une vraie compagne qui se met au service de ses hôtes en communiquant par la voix, les attitudes, et grâce à une tablette ventrale sur laquelle elle propose des choix.

 

Roméo est le dernier né de la famille. Plus grand (1.40 m) et corpulent, il est davantage capable d’accomplir des tâches physiques. Au Japon toujours, où les plus de 65 ans dépasseront les 40% de la population en 2055, il est perçu comme un sauveur par les séniors qu’il assistera en leur ouvrant les portes, en les aidant à se déplacer, à se relever s’ils tombent, ou encore en contactant un centre de téléassistance s’il le juge utile.

 

Pour Bruno Maisonnier, les nouveaux robots seront de moins en moins des objets et auront, au contraire, de plus en plus de personnalité. Ils doivent être conçus comme des prolongements de nous-mêmes pour nous aider, pour pallier nos failles et nos faiblesses. Pour être bien acceptés, ils doivent avoir un look plaisant, sans nous ressembler totalement, à l’inverse de ce que proposait la série télévisée suédoise « Real humans ». Leur taille est importante. Ils ne doivent pas nous dominer. Ils doivent aussi avoir un comportement bienveillant qui nous touche. Bref, ils doivent nous aimer pour que nous les aimions aussi.

 

Ils auront l’intelligence et les émotions que leurs concepteurs et les programmateurs d’applications leur donneront. Gageons que la sagesse l’emportera et que les dérives seront évitées ou combattues. A cet égard, il faudra aussi se méfier des dispositions «mouchardesques » de ce compagnon hyper-connecté.

 

En attendant que le coût d’acquisition d’un humanoïde complet (avec applications intégrées) devienne raisonnable, il ne m’engage à rien de réfléchir aux tâches que je pourrai lui confier. Demain sera vite là.

 

(1)    Dans les années soixante du siècle précédent.

 

Pierre DERUBY

Libre Penseur

Je suis fier d'appartenir au peuple français Le film de la semaine :

Annie FONTAINE

J'adore !...

PATRIGEON

Salut Jean-Henry et autres lecteurs,
je suis dans la cible ... couple de retraités aisés .... et donc électeur de Macron ; pour autant je ne me reconnais pas , Jean-Henry, dans tes qualificatifs "démocratie oligarque , fortuné et ploutocrate" , tu pousses mais connaissant ton côté théâtral et provoc ... .
Le sénat est pour moi le symbole d'une France sclérosée avec ses hobereaux locaux défendant leurs pouvoirs dans le mille-feuille territorial fabriqué par nos politiques de tous bords. Alors pas étonnant que nos sénateurs se regénérent entre eux tous les 3 ans en se présentant comme les défenseurs de nos dizaines de milliers de communes , inter-communalités , agglos, départements etc .
Et si on supprimait quelques symboles ? histoire de montrer que le changement c'est maintenant et pour tous .

Bonjour Jean-Louis,
Merci pour ta transparence. Ne vois aucune injure dans ces mots d'oligarchie ou de ploutocratie ! Cette classe sociale existe, et Jupiter la cible donc à bon escient ! Je ne veux pas revenir sur le rôle et la légitimité du Sénat ; les médias s'en chargent. En revanche que fait notre Président vis-à-vis des classes sociales les moins aisées ? (à part l'APL ?) Ces classes sociales moins aisées me semblent délaissées et je ne désire pas que les LR les abandonnent aux partis extrémistes !
Bien à toi,
JHM